samedi 13 avril 2024

CHRONICORUM BELLI du 4 novembre

4 novembre 1429 :  victoire de Jeanne d’Arc, lors du siège de Saint-Pierre-le-Moûtier

Jeanne d’Arc, pour le compte de Charles VII, décida de prendre les dernières places fortes bourguignonnes près de la Loire. Ayant rassemblé des troupes à Bourges, elle partit assiéger la ville de Saint-Pierre-le-Moûtier. La ville était cependant bien fortifiée et entourée d’un large fossé. Jeanne d’Arc fut repoussée après un premier assaut infructueux, rapporte son compagnon d’armes Jean d’Aulon. Jeanne ne renonça pas et renouvela plusieurs assauts jusqu’à ce que la ville capitulât. Jeanne fut alors anoblie par Charles VII.


4 novembre 1576 : sac d’Anvers (Provinces-Unies, actuelle Belgique).

N’étant plus soldée depuis des mois par l’Espagne, une unité de Tercios espagnols en garnison à Anvers se mutine et pille la très prospère ville marchande. L’épisode sanglant (au moins 7 000 morts) est aussi connu sous le nom de furie d’Anvers. Il a contribué à accélérer l’union des provinces contre la domination de l’occupant espagnol. Les provinces du Nord formeront les actuels Pays-Bas (1579). Celles du Sud, la Belgique beaucoup plus tard.

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4 novembre 1791 : bataille de la Wabash, également connue sous le nom de défaite de St. Clair, est un affrontement de la guerre indienne du Nord-Ouest qui opposa des troupes de la United States Army à une confédération d’Amérindiens de l’Ohio. Il s’agit d’une large victoire des Amérindiens.

Les Amérindiens étaient menés par Little Turtle de la tribu des MiamisBlue Jacket de la tribu des Shawnees et Buckongahelas de la tribu des Lenapes, qui a rejoint, avec 480 hommes, les 700 guerriers des deux autres chefs. De leur côté, les troupes américaines comptaient un millier d’hommes menés par le général Arthur St. Clair qui avait fait ses preuves comme commandant pendant la guerre d’indépendance. La confédération amérindienne devait cependant remporter la victoire. La bataille fut la plus importante défaite jamais infligée aux États-Unis par les Amérindiens et, en ce qui concerne le pourcentage de pertes dans les troupes engagées, ce fut la plus terrible défaite de toute l’histoire militaire américaine. En conséquence, le président George Washington contraint St. Clair à quitter son poste, et le Congrès lança pour la première fois une enquête contre le pouvoir exécutif. Sur les mille hommes de St. Clair, seuls 48 revinrent indemnes.

Un numéro des éditions OSPREY PUBLISHING est consacré à cette bataille. Cliquer ICI pour le commander.


4 novembre 1806 : prise de Wismar par Schulmeister (Campagne de Prusse).

Entré au service de Napoléon en 1804 grâce au général Savary, le célèbre espion de l’empereur a alterné les fonctions dans l’armée impériale : hussard, policier, espion. Dans la nuit du 4 novembre 1806, il s’empare de la ville de Wismar avec quelques hommes. Coutumier de ces coups de main où la ruse l’emporte sur la violence, Schulmeister a réussi de nombreuses missions dont l’intoxication du Maréchal autrichien Mack permettant les victoires de Michelsberg et Ulm.


4 novembre 1862 :  Gatling dépose le brevet de la mitrailleuse (États-Unis).

Gatling dépose en 1862 le brevet pour une arme à plusieurs canons rotatifs. Elle utilise initialement des cartouches en papier qui limitent sa fiabilité. Les essais impressionnent néanmoins l’US Army qui achète plusieurs modèles en 1865. En 1866, elle est modifiée pour tirer des munitions à étui en laiton.

Pendant la guerre de Sécession, la mitrailleuse Gatling n’est pas encore en usage officiel dans l’armée de l’Union mais quelques exemplaires, achetés sur fonds privés, sont cependant utilisés. Deux de ces armes furent utilisées au siège de Petersburg et huit furent déployées sur des canonnières.

La mitrailleuse est directement inspirée d’une des inventions précédentes de son concepteur Richard Jordan Gatling, un semoir à blé. Le principe de fonctionnement repose sur plusieurs ensembles, chacun constitué d’un canon intégrant une chambre et un mécanisme de percussion. Lors du tir, l’une des opérations nécessaires (chargement, verrouillage, percussion puis extraction et éjection de l’étui ou de la douille) est ainsi à tout moment en cours sur l’un d’entre eux. Une manivelle imprime un mouvement de rotation à dix ensembles montés autour d’un axe central, de sorte que chacun tire successivement grâce à un système de cames qui ouvre et ferme les culasses. Le chargement est obtenu par gravité, les munitions tombant depuis le chargeur placé au-dessus de l’arme. La cadence de tir par minute atteignait théoriquement 1 200 coups mais un tir utile dépassait rarement 400. Le calibre allait de 7,8 à 25,5 mm. Elle était servie par quatre opérateurs.

La bataille d’Ulundi, dernière bataille de la guerre anglo-zouloue (Afrique du Sud, 4 juillet 1879), fut la première bataille lors de laquelle les Britanniques firent usage de mitrailleuses dérivées de la Gatling. 10 Britanniques furent tués et 87 blessés, tandis que près de 500 Zoulous périrent durant la bataille. Tous les blessés furent achevés en guise de vengeance pour l’effusion de sang subie à Isandlwana.

Deux Gatling en Afrique du Sud en 1879.

4 novembre 1892 : prise d’assaut de Cana (ancien Dahomey, actuel Bénin).

Le colonel Alfred Dodds prend la ville défendue par 1500 guerriers Fons du roi Béhanzin.


Dieudonné Costes (Assis sur la photo prise en 1919)

aviateur célèbre notamment pour la première traversée de l’Atlantique sud sans escale en 1927, puis pour la première traversée de l’Atlantique nord sans escale dans le sens est-ouest, avec Maurice Bellonte, en 1930. Durant la Grande Guerre, sur le front d’Orient, il devient avec le grade de sous-lieutenant un « as », avec 6 victoires aériennes, dont plusieurs remportées en collaboration avec ses équipiers Maurice Lashermes et Paul Andrillon. Il est décoré de la Croix de guerre avec 7 palmes et 2 étoiles de vermeil, la médaille militaire et la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

Lire le livre de Bernard Bacquié : Dieudonné Costes, le héros oublié


4 novembre 1901 : naissance du mouvement de jeunesse allemand Wandervögel (les oiseaux migrateurs).

Le mouvement du Wandervogel trouve sa genèse à Steglitz, dans la banlieue berlinoise. C’est là qu’un étudiant du nom de Hermann Hoffmann-Fölkersamb (1875-1955) prend l’initiative de proposer dès 1895 des cours gratuits de sténographie à l’intention des élèves du lycée, après en avoir obtenu l’autorisation du directeur. Mais dès l’année suivante, en 1896, les cours se transforment fréquemment en sorties dans la nature aux environs de Steglitz, toujours dans le cadre du lycée, inaugurant ainsi une association de « Gymnastien » comme l’Allemagne en comptait déjà de nombreuses.

Très vite, les sorties se multiplient : dès 1897, le groupe entreprend une randonnée de deux semaines dans le Harz, puis en 1898 une expédition se rend jusqu’au Rhin, enfin en 1899 les lycéens partent un mois complet pour la Bohême. Si le club de randonnée n’en porte pas encore le nom, le mode de vie des Wandervögel est déjà bel et bien présent : la marche comme principale activité, le bivouac rustique, avec sa cuisine d’extérieur et sa nuitée à la belle étoile, sous tente ou dans une grange, ainsi qu’une forme inédite d’indépendance du groupe qui prend ses distances avec les figures d’autorité traditionnelles. Tous les ferments qui susciteront le succès du mouvement sont déjà présents, il ne manque plus que le guide qui donnera son impulsion et son nom au mouvement.

Or cela ne tarde guère, puisque les activités du groupe de randonnée du lycée de Steglitz sont mises en péril lorsque Hermann Hoffmann-Fölkersamb, ayant achevé son parcours d’études, quitte la banlieue de Steglitz pour Constantinople, appelé par sa carrière diplomatique. Le jeune homme cherche alors un successeur capable de reprendre le flambeau de l’association qu’il a fondée. Ce successeur, il le trouve en la personne de Karl Fischer, ami et membre du groupe qui le secondait déjà activement lors de leurs expéditions. C’est lui qui va, par son ambition et son travail, fonder le Wandervögel en tant que tel et lui donner l’impulsion nécessaire à son essor.

Au contraire des scouts, qui apparaissent en Grande-Bretagne à la même période, les Wandervögel s’organisent entre eux, refusant l’immixtion des adultes dans cet espace de liberté qui est le leur. Au départ, les membres sont tous de jeunes garçons, issus du milieu bourgeois, et dont l’âge est compris entre 12 et 19 ans. Avant cela, ils sont trop peu robustes pour participer aux excursions du groupe, et passé 19 ans, le parcours classique voulait qu’ils rejoignent l’armée ou quittent leur bourgade d’origine pour devenir étudiants.

Ainsi rassemblés en bandes autogérées, ils fonctionnent sur un principe d’égalité, avec néanmoins le rôle particulier qu’est celui réservé au Führer, ou chef de groupe. Celui-ci n’est guère perçu comme très différent des autres membres, et en aucun cas comme un adulte, mais occupe davantage un rôle proche du grand-frère : Souvent d’âge légèrement supérieur, il a su s’imposer par son charisme et sa capacité à mener le groupe dans ses excursions, comme lorsqu’il s’agit de trouver un gîte par exemple.

Au centre du credo des Wandervögel, la pratique de la randonnée et la vie simple en extérieur telle que l’avait déjà initiée Hoffmann, et qui sera conservée par les groupes lors de l’expansion du mouvement. Les excursions s’organisaient avec le minimum de moyens et de confort : les repas étaient préparés en extérieur, à même le feu de camp, tandis que le logis, lorsque les jeunes ne dormaient pas à la belle étoile, consistait en une tente rustique où en l’abri d’une grange à foin mise à disposition par les paysans. Les auberges de jeunesse, telles que l’on pouvait en trouver après la Première Guerre mondiale avec le développement des mouvements de jeunesse n’existaient pas alors, et la mobilité des jeunes sur ce modèle itinérant était quelque chose de tout à fait nouveau.

Les Wandervögel se différencient aussi physiquement des autres jeunes au moyen de leur accoutrement. Pour s’affranchir des contraintes bourgeoises vestimentaires de l’époque, le groupe de Fischer refuse la tenue de marin alors à la mode auprès de la jeunesse, le col dur et la cravate et adopte contre la pluie les pèlerines de laine des Bachanten, ces étudiants itinérants médiévaux, ainsi que de courts pantalons s’arrêtant aux mollets et de hautes chaussettes montantes.

D’abord dépourvus d’uniformes et vêtus de tenues fantaisistes et de chapeaux de feutres ornés d’une plume, les Wandervögel ne tardent pas à adopter une tenue spécifique qui les signale comme tels et les différencie des vagabonds. Les jeunes randonneurs se coiffent alors d’une casquette de drap vert caractéristique ornée d’une bordure rouge et dorée, couleurs également reprises sur le cordon passé à la boutonnière, tandis que le col ouvert, par opposition au col dur institutionnel, s’orne un foulard rouge noué autour du cou. Ce sont autant d’éléments qui permettent notamment de se différencier du commun des étudiants allemands d’alors.


4 novembre 1904 : le ministre de la Guerre giflé.

Le général André est giflé par le député Syveton en pleine séance de la Chambre des députés à la suite de la révélation de l’affaire des fiches (enquête confiée clandestinement à la loge du Grand-Orient de France sur les pratiques religieuses des officiers supérieurs, en vue de favoriser l’avancement des officiers anticléricaux ou au moins républicains). L’incident attise le conflit entre le gouvernement républicain d’Emile Combes et l’Église. André est poussé à la démission, précédant de peu la chute d’Emile Combes dont le remplacement par Maurice Rouvier à la présidence du Conseil conduira à la loi de séparation de l’Église et de l’État.


4 novembre 1918 : assaut de la forteresse du Quesnoy (Nord Pas-de-Calais).

L’offensive dite « de la victoire » se poursuit sur tout le front de l’Ouest. Dans les Flandres, les troupes britanniques piétinent devant les anciennes places fortes de Vauban. La ville fortifiée du Quesnoy est finalement prise d’assaut comme au Moyen-âge à l’aide de simples échelles, par des éléments néo-zélandais de l’ANZAC….


4 novembre 1935 : première promotion de l’École de l’Air (Versailles).

Créée par décret le 3 juin 1933, l’École de l’Air reçoit sa première promotion à la caserne des Petites Ecuries. Elle déménage en 1937 à Salon de Provence.

« Elle se compose de cinquante élèves pour la plupart anciens de Saint-Louis, de Sainte-Geneviève ou de la Flèche. Les bâtiments qu’ils découvrent sont vétustes, les installations très sommaires et dépourvues du panache des autres grandes écoles de Saint-Cyr ou de Polytechnique. L’Air n’aura qu’une caserne à partager avec d’autres armes. Par la force des choses, les traditions n’existent pas, l’Ecole est sans âme, tout est à créer. La promotion commandée par le commandant Mairey, puis par le lieutenant-colonel Barjaud se divise en trois brigades : les « lions », emmenés par les capitaines Emery puis Cornu, les « pénibles » avec les capitaines Moulignat puis Turben et les « bas bretons » (à cause du nombre de noms en « ec » qui la composent) avec les capitaines Gros puis Vladimir de Bertrem. C’est cette première promotion qui. tout naturellement, prendra comme parrain le capitaine Guynemer « héros légendaire tombé en plein ciel de gloire… » En tant que premiers admis, les élèves-aviateurs ne sont pas baptisés ; ils s’attachent plus particulièrement à créer un esprit d’école et cherchent à reprendre les meilleures traditions de Navale et de Saint-Cyr pour donner à leur école les premières bases de ce qui deviendra plus tard l’« Esprit du Piège ».

C’est ainsi qu’est introduit dans l’école, parallèlement à l’esprit militaire, celui du scoutisme fort à la mode à cette époque. Des réunions de « promo » sont organisées et le sentiment communautaire se développe. Un chant d’école est trouvé : « Les Rapaces », refrain d’escadrille de 1914 remis à la mode par le cinéma. Un insigne est dessiné : le « Charognard » offrant à ses petits encore au nid le poignard d’officier. Il est créé par le frère de Le Blevec. Et enfin, la très fameuse devise « Faire face » vient s’inscrire au fronton de l’Ecole.

Tout en s’ingéniant à créer l’âme de leur Ecole, les élèves en suivent aussi les cours : instruction générale et militaire, vols d’observation et de navigation sur Potez 25 et Lioré 20 jusqu’en mars 1936. A cette date, commence le stage de pilotage au camp d’Avord. Il durera jusqu’en août; les appareils utilisés seront les Morane 315 et 230 ainsi que le Potez 25 devenu « Avion d’armes ». L’hiver est passé de nouveau à Versailles où l’on continue à voler comme observateur, mitrailleur, bombardier et navigateur. L’entraînement au pilotage se fait toujours à Saint-Cyr sur Potez 540. Puis différents stages vont se dérouler d’avril à août 1937 : école à feu et entraînement à la coopération d’artillerie à Orléans-Saran, manœuvre et navigation à Mourmelon, tir et bombardement à Cazaux.

Après cette longue période d’entraînement et de cours, les élèves subissent leur examen de sortie. Promus sous-lieutenants, une déception les attendait puisqu’il n’y eut pas d’affectation directe dans la chasse. Deux voies leur sont offertes, soit retourner à l’Ecole en tant qu’instructeur et bénéficier ainsi des cours de perfectionnement qui y sont donnés, soit rejoindre à Istres, le groupe IV, pour un stage de pilotage sur bimoteurs (Léo 20, Amiot 143 et Bloch 200). »

Source : tradition-air.fr


4 novembre 1956 : l’armée soviétique matte la tentative de révolution hongroise (Budapest).

Cherchant à s’échapper de l’emprise soviétique, les Hongrois font pression sur leur nouveau chef du gouvernement, Nagy. Ils réclament plus de liberté et obtiennent même la sortie du pacte de Varsovie. C’en est trop pour Moscou qui envoie 2000 chars rétablir l’ordre chahuté depuis le 23 octobre. La répression fait de nombreux morts (2 à 3000) dans la capitale et en province. Nagy est fusillé en 1958. L’Occident proteste mais n’intervient pas : la guerre froide bat son plein.


4 novembre 1970 : Concorde passe Mach 2.

Pendant 53 minutes, le supersonique franco-britannique vole à 2469 km/h. Les premiers vols supersoniques ont débuté en 1969. Le record de vitesse est atteint à Mach 2,23 (2753 km/h) en mars 1974. Le Concorde était le seul avion commercial capable de faire traverser l’Atlantique à 100 passagers en 3 heures.


4 novembre 1979 : prise d’assaut de l’ambassade américaine de Téhéran (Iran).

Les Iraniens séquestrent jusqu’en 1981 les 52 Américains de l’ambassade.


4 novembre 1982 : Volkoff, prix de l’Académie française (Paris).

Vladimir Volkoff reçoit le Grand prix du roman de l’Académie française pour Le montage. Le roman décrit les mécanismes de l’infiltration soviétique dans le monde de la presse occidentale. Il est également l’auteur de romans d’espionnage pour adolescent avec le personnage de LANGELOT, sous le pseudonyme Lieutenant Xs parus initialement à la Bibliothèque Verte.


4 novembre 1988 : mort à 76 ans du pilote et as allemand Hermann Graf.

Hermann Graf suit des études de gestion et, après avoir obtenu le brevet de pilote de planeur en 1932 et celui de pilote d’avions à moteur en 1936, entre dans la Luftwaffe où il suit les cours de pilotage avancés entre 1936 et 1938. Graf est ensuite affecté au II./JG 51, une escadrille de chasse équipée avec des Messerschmitt Bf 109 E1, avec le grade d’Unteroffizier (sergent).

Durant la campagne de France, il effectue 21 patrouilles le long de la frontière germano-française sans tirer un seul coup de feu. Le , il est affecté comme instructeur à un groupe de chasse de réserve situé à Mersebourg. Le 1er mai il est promu au grade de Leutnant (sous-lieutenant) et il est muté à l’escadron de chasse n° 52 (Jagdgeschwader 52) le 6 octobre de la même année. Le , son unité est transférée en Roumanie où il participe à la formation de pilote roumains, alliés des allemands. Fin mai 1941, il est transféré en Grèce avec un détachement du III./JG 52 pour appuyer l’invasion allemande de la Crète. Durant cette période, il effectue de nombreuses missions d’attaque au sol.

Son unité est ensuite retransférée en Roumanie avant de prendre ses quartiers sur l’aérodrome de Byala Tserkov, en Russie. Le , Graf abat son premier avion ennemi, un I-16, durant une mission d’escorte de Stukas, près de Kiev. En octobre, Graf compte 12 victoires et le , il obtient la croix de chevalier de la croix de fer après sa 45e victoire.

Le , il est le premier as de son escadre à atteindre les 100 victoires, et le second pilote de la Luftwaffe à atteindre 150 victoires, le . Quelques semaines plus tard, il est le premier pilote de chasse au monde à atteindre 200 victoires le , lorsqu’il abat ses 200e, 201e et 202e adversaires au-dessus de l’aérodrome de Pitomnik, près de Stalingrad. À la suite de cette action, il obtient le grade de Hauptmann (capitaine). Le , il est décoré de la croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne, glaives et brillants qu’il s’est vu attribuer en tant que 5e soldat de la Wehrmacht.

Afin de préserver sa vie, notoriété oblige, Hermann Graf est interdit de vol et retiré des opérations. L’aviateur, également gardien de football, a créé une équipe de football de la Luftwaffe, les Rote Jäger (chasseurs rouges) qui fut très populaire dans le Troisième Reich et qui comptait alors de nombreux joueurs célèbres dans ses rangs.

Durant la première moitié de 1943, Graf commande une école de pilotage avancé pour pilotes de chasse basée à Bordeaux, en France. Le , il est affecté à une nouvelle unité spécialisée dans la chasse à haute altitude pour contrer les Mosquito britanniques. Cette unité est nommée JGr 50 le . Graf obtient 3 victoires (dont 2 bombardiers quadrimoteurs B-17) alors qu’il sert dans cette unité. En septembre 1943, il est abattu par le pilote français Christian Martell après un duel difficile.

Le , Hermann Graf, alors Oberst (colonel), est nommé Kommodore (commandant d’escadre) du JG 11. Au sein de cette unité, il participe durant les six mois qui suivent à la défense du Reich. Le , Graf abat un P-51 et en heurte un autre, ce qui lui vaut d’être blessé après avoir sauté de son avion endommagé.

Graf retrouve ensuite son ancienne unité, la JG 52, dont il devint le Geschwaderkommodore (commandant d’escadre) le 1er. Il dirige cette unité lors de la retraite continuelle des troupes allemandes à travers la Prusse-Orientale, la Silésie et la Bohême. Il termine la guerre avec le grade de colonel (Oberst). Il totalise alors 212 victoires, dont 202 obtenues sur le front de l’est et 10 sur le front l’ouest. Il a effectué plus de 830 missions.

Lors de la capitulation de l’Allemagne nazie, Hermann Graf reçoit l’ordre du général Seidemann de se rendre à Dortmund pour se livrer aux Britanniques. Cependant, ne voulant pas abandonner le reste de la JG 52 (notamment le personnel non navigant), il désobéit et se livre avec le reste de son unité (y compris l’as allemand Erich Hartmann) aux autorités américaines à Pilsen (Tchécoslovaquie). Malheureusement, en vertu d’un accord passé entre Russes et Américains, la majorité de la JG 52 est livrée aux Soviétiques. Graf et Hartmann sont déportés en Russie (camp de Gryazovets, près de Moscou). Compte tenu de leur renommée (tous deux étaient notamment décorés de la croix de chevalier de la croix de fer avec brillants), ils furent l’objet d’une très forte pression du NKVD pour qu’ils reconnaissent la culpabilité de l’armée allemande lors d’exactions commises durant la guerre. Si Hartmann ne céda pas (ce qui lui coûta environ 10 années de camp), Graf céda rapidement et reconnut publiquement que la guerre fut une erreur. Après sa libération en 1950 et son retour en Allemagne, cela lui valut d’être exclu de l’association des anciens pilotes de chasse (Kameradschaftsbund der Jagdflieger) et d’être soupçonné (à tort) d’espionner au profit des Russes.

Après la guerre, il continue de voler et devient membre du Swiss Aeroclub. À partir de 1965, il est atteint par la maladie de Parkinson. Il décède chez lui en 1988.


4 novembre 1995 : assassinat du Premier ministre israélien (Tel Aviv – Israel).

L’assassinat du Premier ministre et ministre de la Défense d’Israël Yitzhak Rabin constitue le point culminant du désaccord de la droite israélienne concernant les accords d’Oslo. Malgré ses états de service dans l’Armée de défense d’Israël, Rabin était la cible d’attaques personnelles de la part des conservateurs de l’aile droite et des leaders du Likoud, qui percevaient les accords d’Oslo comme un renoncement aux territoires occupés.

Les conservateurs religieux et les leaders du Likoud étaient convaincus que le retrait de la moindre terre « juive » serait une hérésie. Les manifestations, organisées en partie par le Likoud, ont adopté un ton extrêmement violent. Le leader du Likoud et futur Premier ministre Benyamin Netanyahou accusa le gouvernement d’être « déconnecté de la tradition juive et des valeurs juives ». Netanyahou s’adressa aux contestataires d’Oslo au cours de manifestations où étaient agitées des pancartes et affiches représentant Rabin dans un uniforme nazi SS ou dans le viseur d’un sniper. Rabin accusa alors Netanyahou de provoquer la violence, ce que ce dernier nia énergiquement.

Yitzhak Rabin reçoit 2 balles dans le dos tirées par un juif extrémiste alors qu’il vient de prononcer un discours en faveur de la paix.

L’assassin est Yigal Amir, un ancien étudiant de l’université Bar-Ilan et militant d’extrême-droite. Amir s’est opposé énergiquement à l’initiative de paix de Rabin, en particulier la signature des accords d’Oslo, parce qu’il considérait que le retrait de Cisjordanie retirerait aux Juifs « l’héritage biblique qu’ils ont récupéré par l’établissement des colonies ». Amir s’était convaincu que Rabin était un « rodef », qui désigne dans la loi traditionnelle juive une personne qui met en danger la vie des Juifs. Il espérait lui-même, par son acte, être reconnu en tant que « din rodef », par le fait de supprimer Rabin comme menace pour les juifs des territoires occupés.

Yigal Amir était sous surveillance des services de sécurité intérieure d’Israël (Shin Bet), mais les agents chargés de sa surveillance avaient conclu qu’il ne représentait pas une menace pour la vie du Premier ministre.

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