Concert du samedi 14 juin à l’Ecole militaire. Soutenir nos militaires blessés en opération


Depuis l’Afghanistan, la France et son armée ont été mis de nouveau au contact de la guerre dans sa réalité bien éloignée du maintien de la paix. L’armée française fait la guerre. La menace est présente jusque sur le territoire français. Le président de la République a identifié nominativement ce dimanche l’ennemi djihadiste sur le territoire national ce qui avait été fait du bout des lèvres pour le Mali. La dénomination de « terroriste » avait en effet été préférée à l’époque pour les agresseurs.

Durant leurs engagements, les armées françaises et en particulier l’armée de terre qui supporte l’essentiel des pertes, ont fait face depuis 2010 à plus de 1 200 blessés (Cf. dossier de l’ANOCR, octobre 2013). Cette longue guerre sur plusieurs continents suscite des pertes. Que faisons-nous ? La communauté nationale fait-elle suffisamment à la fois pour témoigner sa reconnaissance à nos soldats qui préserve sa tranquillité et à ceux qui ont donné avec abnégation par le sacrifice de leur vie, leurs blessures souvent mutilantes ou psychologiques ?

(Cf. Mes billets du 10 novembre 2013, « 11 novembre : la guerre en mémoire », du 20 octobre 2013 « En mémoire de nos 58 parachutistes morts à Drakkar », du 11 novembre 2012 « Retour de la guerre d’Algérie et anciens combattants » et du 23 février 2012 « Anciens combattants d’hier, anciens combattants d’aujourd’hui, quels anciens combattants pour demain ? »).

Il faut donc agir à la mesure de ses moyens et c’est que nous avons voulu faire. Ainsi, avec l’aide de deux associations « Le Cercle d’Etudes d’Histoire militaire de Senlis » et « Le Concert de Monsieur de saint-George », je co-organise un concert dans la chapelle de l’Ecole militaire à Paris (Cf. Historique) le samedi 14 juin 2014 à 17h30.

Contribuer chacun à son niveau au soutien de nos militaires blessés et à leurs familles

Je constate en effet que les structures officielles ont besoin aujourd’hui d’être aidées par la communauté nationale. Beaucoup d’associations et de particuliers découvrent la solidarité envers nos soldats qui avait été oubliée depuis les deux grandes guerres mondiales. Le rejet ou l’indifférence existent d’ailleurs dans un certain nombre d’acteurs civils de notre société. La solidarité ne peut pas s’exprimer envers les militaires !

Heureusement, les initiatives se développent au sein de la communauté de défense, militaires et civils, pour obtenir des dons. L’action privée améliore (ou supplée parfois les carences) l’action publique. Elle est aussi l’expression du lien entre l’armée et la Nation.

Concert gratuit, l’objectif est de réunir des dons pour nos blessés en opérations. La totalité sera reversée à l’association Terre Fraternité (http://www.terre-fraternite.fr/) qui, outre ses actions propres, assure le lien avec le ministère de la défense pour engager les actions de solidarité.

Autour du thème « La musique et le soldat autour du chevalier de saint-George », se produiront le conservatoire militaire de musique de l’armée de terre, la mezzo-soprano Floriane Edeline et le baryton Jean-Guy Sartori. 

Invitation

1 Entrée piccolo tambour ; 2 Der vogelfänger bin ich ja – La flûte enchantée – W.A. Mozart ; 3 Concert pour quatuor à cordes – Chevalier de Saint-George : 4 Penser sans pouvoir agir – Chevalier de Saint-George ; 5 Ave Maria – C. Gounod ; 6 Le chant du départ – E.N. Méhul ; 7 Piccolo tambour ; 8 Les deux grenadiers – R. Schumann – H. Heine ; 9 Voi che sapete, air de Cherubin – Noces de Figaro – W.A. Mozart ; 10 Non piu andrai – Noces de Figaro – W.A. Mozart ; 11 La Marseillaise – Rouget de Lisle.

S’inscrire ou/et faire un don

Pour faciliter votre inscription : https://doodle.com/u4up7mszcpy253fe
Si vous ne pouvez pas être présents, votre générosité pourra aussi s’exprimer par voie postale.

Nos militaires blessés et leurs familles comptent sur vous le 14 juin 2014

Pourquoi le chevalier de saint-George ?

En m’appuyant sur la biographie en ligne sur le site de l’association Le Concert de Monsieur de saint-George (Cf. Site de l’association, vous pouvez aussi écouter des extraits des œuvres du chevalier de saint-George) et d’autres sources, je présente avec plaisir le chevalier de saint-George qui apparaît comme  un personnage extraordinaire mais méconnu, que ce soit par son vie personnelle ou par ses nombreuses qualités.

Son histoire

Enfant mulâtre né le 25 décembre 1745 d’une esclave d’origine sénégalaise et d’un planteur noble, le chevalier de Saint-George apparaît comme l’une des figures les plus romanesques du XVIIIème. Après une enfance en Guadeloupe, il est adopté par l’aristocratie parisienne pour ses multiples talents : escrimeur, danseur, séducteur, surtout violoniste et compositeur.

En effet, son père lui enseigne la musique et l’escrime. En 1756, il est admis à l’académie d’escrime de Nicolas Texier de La Böessière puis obtient à 15 ans, le poste de Gendarme de la Garde du Roi. Il est l’un des meilleurs escrimeurs d’Europe.

Le “Mozart noir”

Nommé en 1773 à la suite de Gossec à la direction du Concert des Amateurs, puis à celle de la Société des concerts de l’Olympique qui accueille des centaines de spectateurs plusieurs soirs par semaine, il commande à Haydn les six symphonies parisiennes qu’il dirigera à leur création.

Saint-George est autant réputé pour sa virtuosité que pour ses compositions. Les concertos de ce musicien prodigieux attirent la foule vers l’immense hôtel de Soubise (actuel siège des Archives nationales) où se produit le Concert des Amateurs (quatre-vingt musiciens), tandis que ses opéras (dont un livret a été écrit pour lui par Choderlos de Laclos) connaissent un indéniable succès populaire à la Comédie italienne, située à l’emplacement de l’actuel Opéra comique. Un long séjour à Londres lui permet aussi d’étendre sa renommée. Ses qualités de chef sont telles que ses orchestres sont alors considérés comme les meilleurs d’Europe.

Premier noir initié en France en franc-maçonnerie, ami intime du duc d’Orléans, et habitant l’un des plus somptueux hôtels particuliers de la rive gauche, Saint-George est nommé directeur de l’Opéra royal par Louis XVI… qui devra ensuite renoncer face au refus de deux cantatrices d’être dirigées par un « nègre ». Un comble pour ce séducteur impénitent pour reprendre « Le Concert de Monsieur de saint-George » !

Son engagement dans les armées de la République

Vivant à Lille quand éclate la Révolution en juillet 1789, il s’engage dans la Garde nationale. Il obtient le grade de capitaine en 1790. Le 7 septembre 1792, une délégation d’hommes de couleur demande à l’Assemblée Nationale de leur permettre de combattre pour défendre la Révolution et ses idéaux d’égalité. L’Assemblée approuve la formation d’une unité dont Saint-Georges est désigné comme chef de corps avec le grade de colonel.

L’unité composée de fantassins et de cavaliers est bien vite connue sous le nom de « Légion Saint-George ». L’un des officiers de cette unité, le lieutenant-colonel Alexandre Dumas, futur général et père de l’écrivain, allait s’illustrer plus tard dans les armées de la Révolution. Appelé 13ème régiment de chasseurs en décembre 1793, il devient un régiment de cavalerie (Cf. Historique du 13ème régiment de chasseurs).

Son unité sous le commandement du général Dumouriez, Saint-George escorte temporairement la délégation de l’Assemblée nationale qui doit arrêter le général Dumouriez… et que celui-ci emprisonnera le 2 avril 1793 (Cf. version anglaise de Wikipédia, très complète comme à chaque fois que le monde anglo-saxon s’intéresse à l’histoire militaire). En prévenant la citadelle de Lille, le chevalier de saint-George fait surtout échouer sa saisie par le général de brigade Miaczinski, subordonné de Dumouriez.

En revanche, ce fut le 3ème bataillon de l’Yonne commandé par Davout, futur maréchal et parrain d’une brillante promotion de saint-Cyr en 1978, qui intercepta le 4 avril 1793 la troupe du général Dumouriez. Celui-ci se rendait sur Valenciennes après l’échec de la prise de la place-forte de Condé promise aux Autrichiens. Dumouriez s’enfuit devant Davout qui reçoit les félicitations de la Convention (Cf. lire « Davout et l’art de la guerre » par Daniel Reichel, 1975, pages 179 à 185).

Le déclin après une vie brillante

Cependant, dans cette période troublée, bien que considéré comme un héros, ses liens avec l’aristocratie font de saint-George un suspect. Il est arrêté le 4 novembre 1793 et emprisonné sans jugement. Après la chute de Robespierre, le Comité de Salut Public décréta en définitive que Saint-Georges avait été destitué injustement.

Délaissé par ses anciens protecteurs, il continuera à diriger des orchestres mais devra se contenter d’un niveau de vie modeste par rapport au luxe extraordinaire dans lequel il avait vécu sous l’ancien régime. Saint-Georges meurt le 10 juin 1799, il y a 215 ans. Tous les journaux célébrèrent sa mémoire avec respect et émotion.

« Voltaire de la musique », selon l’abbé Grégoire, « Watteau de la musique » pour La Laurencie, Saint-George aura été beaucoup plus adulé à Paris – et dans une certaine mesure à Londres- que Mozart. Il apparaît aujourd’hui comme l’un des grands naufragés de l’Histoire pour reprendre l’association « Le concert des amis de saint-George ».

Pour conclure

Je conclurai pour ma part en le considérant comme un bel exemple de ceux qui ont contribué à l’Histoire de France dans des domaines d’excellence multiples.

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