Thales a annoncé le 15 juin 2026, dans le cadre du salon Eurosatory, le lancement de « Gladiator Training Data Analytics », une plateforme logicielle destinée à analyser les données issues des entraînements militaires. Selon le groupe, l’outil s’appuie sur l’intelligence artificielle pour convertir des données d’exercice « complexes et volumineuses » en informations exploitables, dans le but de faciliter les débriefings menés après les manœuvres et d’améliorer la performance des soldats.
La solution s’inscrit dans la gamme Gladiator de Thales, dédiée à la simulation terrestre en conditions réelles. Le groupe se présente comme un « leader mondial » de ce segment, qui consiste à instrumenter des exercices militaires au moyen de capteurs portés par les soldats, les véhicules, les drones et les infrastructures, afin d’en restituer le déroulement.
Le principe mis en avant par Thales répond à un constat opérationnel. En effet, les exercices d’entraînement produisent des quantités considérables de données, mais leur exploitation rapide reste un enjeu stratégique pour les armées. La plateforme agrège les informations collectées par le système de contrôle des exercices (Excon), qui centralise les données des différents capteurs présents sur le terrain.
Ces données sont mises au service de l’analyse après action (After Action Review, ou AAR), une démarche standard dans la formation militaire qui consiste à revenir sur un exercice pour en tirer des enseignements. D’après le constructeur, l’ensemble des informations est disponible « en quelques minutes » après la fin de l’exercice, ce qui permettrait des débriefings plus rapides et davantage fondés sur des éléments factuels.
Parmi les fonctionnalités décrites figurent une frise chronologique interactive, qui signale au fil de l’exercice les engagements, les tirs de fumigènes et les impacts d’artillerie ; une fonction de rejeu permettant aux instructeurs de revoir la manœuvre dans le détail ; et un ensemble d’indicateurs de performance tactiques calculés automatiquement. Selon l’industriel ces indicateurs comme la concentration des forces, la diversité des effecteurs employés ou les performances individuelles et collectives sont établis en référence aux principes fondamentaux de la guerre.
Le groupe insiste sur l’adaptation de l’outil aux doctrines en vigueur et aux objectifs propres à chaque programme de formation. Les indicateurs de performance seraient ainsi paramétrables selon le cadre doctrinal retenu, afin de permettre aux instructeurs d’évaluer les décisions prises sous pression et de cibler leurs débriefings.
La plateforme intègre par ailleurs un module d’analyse des communications reposant sur l’intelligence artificielle. Les échanges radio sont automatiquement retranscrits, y compris, affirme Thales, en environnement bruyant ou dégradé, puis analysés à l’aide d’algorithmes de traitement du langage naturel. L’objectif annoncé est de donner aux instructeurs une vue structurée de la chaîne de commandement pendant l’exercice et de faciliter l’évaluation des procédures.
Argument récurrent dans l’offre de défense de Thales, la souveraineté des données occupe une place centrale dans la présentation de la solution. Le groupe précise que la plateforme fonctionne sans connexion internet, sur des systèmes dédiés, et peut être déployée directement sur les sites d’entraînement existants. Cette architecture viserait à garantir aux forces armées un contrôle complet de leurs données, de leur collecte à leur stockage en passant par leur analyse.
« En tant que leader mondial de la simulation terrestre en conditions réelles, Thales donne la possibilité aux instructeurs et aux soldats d’avoir une vision claire, partagée et objective de ce qui s’est passé sur le terrain », a déclaré Benoit Broudy, vice-président des activités Entraînement & Simulation du groupe, qui voit dans chaque exercice un « levier » d’avantage opérationnel.






