jeudi 7 juillet 2022

Ukraine 3 mars : fin de la « pause », escalade, artillerie et guerre urbaine.

J’emprunte la remarquable carte de l’Institute for the Study of War, avec quelques ajouts.

Les Russes ont pris une petite pause pour réorganiser leurs axes de progression et pour recoller la chaine logistique. Il y un changement de méthode et une escalade de la violence.

La bataille autour de Kyiv (1) occupe toute l’attention du gouvernement ukrainien. Les Russes ont toujours du mal à ravitailler les forces à l’ouest de la ville, en l’absence de voie ferrée. La poussée la mieux ravitaillée vient de l’est : le nœud ferroviaire de Konotop est tombé (https://lnkd.in/dYda558a). Mon impression est que l’armée russe n’est pas « pressée » d’engager la bataille de la capitale. Elle l’encercle, avec un risque de siège qui nous rappellera Sarajevo. Les commandos russes traqueront les dirigeants ukrainiens, feront du sabotage, et les civils souffriront. Lever le siège deviendra en enjeu de négociations.

(2) On parle beaucoup de Marioupol, sur la mer d’Azov. Les Russes ont pris peu de grandes villes, et le port est crucial pour les exportations de blé. Mais la ville est encerclée, c’est une question de jours avant que les défenseurs ne soient à court de munitions. Préserver les industries lourdes et les infrastructures doit être, espérons-le, un motif de ne pas trop bombarder au hasard. La Crimée aura sa « continuité territoriale » (une 3e république autonomiste « de Marioupol » ?)

(3) Dans l’ouest, Kherson est aussi tombée. Une poussée au nord se dessine, pour contourner Mykolaiv. Les coupures humides sont nombreuses et larges avant Odessa, il est plus simple de « faire le tour ». Couper tout accès maritime à l’Ukraine est sans doute une priorité. La Moldavie a peur.

(4) Kharkiv est la clef de l’Ukraine orientale. Les bombardements s’intensifient. Il semble que les Ukrainiens déplacent des forces du Donbass vers Kharkiv, sous des attaques aériennes. La chasse russe génère davantage de sorties et les avions d’attaque se font plus nombreux. Bouger à découvert sous le feu de l’aviation est difficile, mais les Ukrainiens risquent l’encerclement. Si Kharkiv tombe avant la fin de la semaine, ce sera une rupture catastrophique.

(5) les forces en Belarus, fixent les troupes ukrainiennes dans l’ouest. Elles ne peuvent pas bouger : la route de la Pologne doit rester ouverte. Les réfugiés partent, les armes arrivent. Combien de jours de munitions reste-il ? 3 ou 4 ?

Les sanctions sont très lourdes, et l’effet d’éviction des acteurs privés terrible : même s’il n’est pas sous sanctions, plus personne ne veut de pétrole russe (https://lnkd.in/dcktn3Rq). Malgré une décote de 20%, les Russes ne trouvent plus d’acheteurs. Le monde se dirige vers des pénuries colossales et Vladimir Poutine se raidit dans une rhétorique lunaire, entre « dénazification » et menaces nucléaires.

Et sinon, le GIEC ?

Stéphane AUDRAND
Stéphane AUDRAND
Stéphane AUDRAND est consultant indépendant spécialiste de la maîtrise des risques en secteurs sensibles. Titulaire de masters d’Histoire et de Sécurité Internationale des universités de Lyon II et Grenoble, il est officier de réserve dans la Marine depuis 2002. Il a rejoint l'équipe rédactionnelle de THEATRUM BELLI en décembre 2019.
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1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour,
    Votre développement est parfait sauf…..
    La dernière phrase : « Le monde se dirige vers des pénuries colossales et Vladimir Poutine se raidit dans une rhétorique lunaire, entre « dénazification » et menaces nucléaires. »
    Vous portez un jugement alors que cela mériterait une explication.
    Sinon continuez, vous êtes parfait.
    Merci.
    Jean-François

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