mardi 16 avril 2024

CHRONICORUM BELLI du 14 novembre

14 novembre 1910 : naissance de l’aéronavale (Etats-Unis)

Le , avec le concours de la Navy, et notamment le captain Chambers, Eugene Ely réussit le premier décollage d’un avion depuis un bateau. Son avion était un Curtiss modèle D, Albany Flyer, qui avait précédemment été utilisé par Glenn Curtiss lui-même en mai 1910 lors de son vol célèbre d’Albany à New York. Ely s’élance à 15 heures 16 minutes d’une plateforme longue de 25,30 mètres et large de 7,30 mètres érigée à l’avant du croiseur léger USS Birmingham (CL-2) mouillé devant Norfolk, Virginie. Avant le départ, la roue avant de l’avion se trouve à seulement 11 mètres du bord extrême de la plateforme. Arrivé au bout de la rampe, l’avion perd de l’altitude et les roues, les flotteurs et l’extrémité des pales d’hélice touchèrent l’eau. L’hélice endommagée provoqua des vibrations, mais Ely conserva le contrôle de l’appareil. Il se dirigea prudemment vers la terre ferme la plus proche. Il atterrit sain et sauf sur une plage à Willoughby Spit.

Deux mois plus tard, le , Ely pose son avion, un Curtis modèle D IV de l’armée, sur le USS Pennsylvania (ACR-4), dans la Baie de San Francisco, en employant pour la première fois la crosse d’appontage inventée par Hugh Robinson. Une plate-forme en bois longue de 36,60 mètres et large de 10 mètres avait été construite au-dessus de la poupe et de la tourelle arrière du croiseur. L’arrière de cette plate-forme était incliné. Des toiles étaient tendues à l’avant et sur les bords, masquant les superstructures et agissant comme un filet de sécurité. Le dispositif d’arrêt de l’avion était constitué de 22 câbles transversaux tendus entre des sacs de sable de 22 kg. Des madriers maintenaient les câbles légèrement au-dessus du pont, afin qu’ils puissent être accrochés par trois petits crochets placés entre les roues. L’appareil était muni de flotteurs sous les ailes inférieures. Par mesure de sécurité supplémentaire, Ely portait un casque de football américain et avait enroulé autour de son corps deux chambres à air de bicyclette, afin de flotter s’il tombait à l’eau. Des canots de sauvetage et une équipe de nageurs se tenaient prêts à le secourir. Malgré de mauvaises conditions météorologiques, Ely décolla de la base militaire Presidio de San Francisco et mit le cap sur le USS Pensylvannia. Au moment de l’appontage, le vent arrière tourna et vint de côté. Se présentant à la vitesse de 65 km/h, Ely cabra l’appareil pour perdre encore de la vitesse et accrocha le douzième câble et les suivants, et s’immobilisa à 15 mètres de la superstructure qui se dressait devant lui. Trois quarts d’heures plus tard, l’équipage avait fait pivoter l’appareil face à l’arrière. Ely redécolla de la plate-forme et regagna la terre ferme sans problème.

Ely continua de faire des vols de démonstration. Le , en pleine démonstration à Macon, en Géorgie, son avion s’écrasa, et Ely fut tué. À titre posthume, on lui remit en 1933 la Distinguished Flying Cross pour services rendus envers l’aviation maritime.

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 14 novembre 1929 : pose de la première pierre de l’École navale (Brest)

La cérémonie, sur le plateau des Quatre-Pompes, est présidée par le Ministre de la Marine, Georges Leygues qui déclara : « L’utilisation légitime de la mer, la force sur mer sont pour les nations, un des éléments essentiels de la véritable grandeur. Les périodes de prospérité économique et de puissance politique coïncident, dans tous les pays, avec les époques de prospérité maritime. Être puissance mondiale, c’est être puissance maritime ».

L’école a été inaugurée le 30 septembre 1935 par le Président de la République Albert Lebrun.

En 1945, les destructions importantes subies par l’École navale de Saint-Pierre-Quilbignon pendant la Seconde Guerre mondiale ne permettaient pas d’accueillir rapidement les élèves officiers dans des conditions acceptables. Elle fut transférée dans des baraquements provisoires à la base d’hydravions de Lanvéoc, située dans la baie du Poulmic. Les bâtiments définitifs de la nouvelle « École navale » à cet endroit furent inaugurés en 1965 par le général de Gaulle. L’ancienne École navale de Saint-Pierre-Quilbignon abrite désormais le centre d’instruction naval de Brest qui compte le lycée naval de Brest, l’école de maistrance et l’École des mousses.


14 novembre 1940 : bombardement allemand de Coventry (Royaume-Uni)

L’opération Mondscheinsonate (« Sonate au clair de lune » en allemand) fut le nom donné par l’armée de l’air allemande au raid de bombardement de la ville de Coventry, dans le centre de l’Angleterre, dans la nuit du  au , au cours du Blitz. Le nom de l’opération est dû à la pleine lune qui régnait pendant cette même nuit, et à une partition célèbre de Beethoven, la sonate dite Au clair de lune.

Lors du bombardement, 449 bombardiers larguèrent 450 tonnes de bombes explosives et incendiaires. La ville fut très endommagée (4 330 logements détruits), 568 de ses 320 000 habitants furent tués et 723 blessés. La cathédrale Saint-Michel de Coventry commença à brûler vers 20 h. L’incendie aurait pu être combattu s’il n’avait pas été ravivé par de nouveaux bombardements plus tard dans la nuit et en fin de compte, la cathédrale fut complètement détruite. Une cathédrale moderne a été construite à côté des ruines, qui sont toujours visibles aujourd’hui. Les deux édifices communiquent, la partie en ruines ayant été aménagée et laissée volontairement en l’état, comme témoignage des destructions de la guerre. Selon certains historiens reprenant un communiqué allemand de l’époque, ce raid contre une ville médiévale aurait été une riposte contre le bombardement du centre historique de Munich par des avions anglais six jours plus tôt.

Une légende raconte que Winston Churchill aurait pris la décision de laisser bombarder la ville pour préserver le secret de la découverte du mode de chiffrement utilisé dans les communications de l’Axe (la fameuse Enigma), seuls des enfants étant évacués sous prétexte de camps de vacances. En réalité, Churchill a bien eu l’information d’un bombardement dans la nuit du 14 au  mais il n’en connaissait pas le lieu. On pensait à l’époque que le bombardement toucherait la banlieue de Londres.

Plus tard, une expression apparaît pour parler de la technique utilisée par la Luftwaffe pour détruire les villes ennemies, la coventrisation (en référence au nom de la ville). Cette opération est aussi à l’origine du « dilemme de Coventry », la question étant de savoir jusqu’où l’on peut aller pour conserver un avantage stratégique.

Crédit photo : WIKIPEDIA.

14 novembre 1944 : début de la campagne d’Alsace.

La 1re armée française de de Lattre déclenche une attaque qui permet d’atteindre le Rhin le 19 et de libérer Mulhouse le 20.


 14 novembre 1945 : attaque de la garnison de Gow Tow (île proche de la baie d’Along – actuel Vietnam)

Un commando vietminh attaque de nuit le poste Maroc qu’occupent des éléments français de retour de Chine. L’attaque échoue grâce à la riposte combinée du poste lui-même et de l’aviso escorteur Sénégalais


14 novembre 1951 : prise de Hoa Binh (Indochine)

« L’opération Lotus, qui succède à Tulipe, commence le 13 au soir avec le débouché d’une colonne motorisée empruntant la RC 6. Trois bataillons de parachutistes français sont largués sur le poste de Hoa Binh et rejoints dans l’après-midi par les premiers éléments des formations terrestres.  Les troupes de Giap ne s’entêtent pas et rompent le combat ne donnant pas dans le piège consistant à créer un abcès de fixation pour le corps de bataille de l’armée populaire. En plein pays Muong, Hoa Binh est un peu loin des bases françaises (bien qu’à environ 80 km à peine d’Hanoi. Les pertes françaises de la bataille qui s’ensuit (novembre 1951 – février 1952)  ont été sous-estimées : 436 tués + 458 disparus (dont beaucoup sont morts) et 1 360 blessés. C’est une estimation basse. De Lattre, malade et rapatrié en France à cette date, a laissé à Salan le soin de planifier et de conduire l’opération. »

Ivan Cadeau (SHD/DREE). 


14 novembre 1965 : bataille de la  Ia Drang (Vietnam du Sud) 

La bataille de Ia Drang est l’un des premiers affrontements majeurs entre l’armée américaine et l’Armée populaire vietnamienne durant la guerre du Viêt Nam. Elle se déroula en deux parties entre le 14 et le 18 novembre 1965 autour de deux zones d’atterrissage, à l’ouest de Plei Me, précisément « au pied est du massif Chu Pong » dans le complex Chu Pong Ia Drang du Vietnam du Sud. La bataille tire son nom de la rivière Drang qui s’écoule tout au long de vallée là où les combats se sont déroulés. Ia signifie « rivière » dans le dialecte montagnard local.

Les forces américaines en présence étaient le Premier et le Second bataillons du 7e de cavalerie et le Second bataillon du 5e de cavalerie US. Les forces vietnamiennes comprenaient les 33e, 66e et 320e régiments de l’Armée populaire vietnamienne et le bataillon H15 du Front national de libération du Sud Viêt Nam (plus connu sous l’appellation « Viet-Cong »). La bataille a pour spécificité l’emploi des bombardiers B-52 comme force principale appuyée par la force secondaire effectuée par la cavalerie US.

Les deux belligérants ont subi de lourdes pertes et tous deux revendiquèrent la victoire. Durant cette bataille, l’armée américaine perdit 234 soldats et 242 autres furent blessés. Le 17 novembre 1965 eut lieu l’embuscade la plus meurtrière de toute la guerre, avec 155 soldats tués et 126 blessés.

Cette bataille a fait l’objet d’un livre acclamé par les critiques, We Were Soldiers Once… And Young, de Harold G. Moore et Joseph L. Galloway, paru en 1992. En 2002, Randall Wallace adapta la 1re partie de la bataille au cinéma dans le film Nous étions soldats. La chaîne de télévision américaine National Geographic Channel diffusa un programme intitulé Day under Fire : Vietnam War (Journée sous le feu : La guerre du Viêt-Nam), principalement consacré à la bataille de Ia Drang.

Opérations de combat dans la vallée d’Ia Drang, Vietnam, novembre 1965. L’hélicoptère UH-1D du Major Bruce P. Crandall remonte vers le ciel après avoir déchargé des fantassins en mission de recherche et de destruction. Crédit : ARMY MIL/WIKIPEDIA.
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