25 septembre 70 : Titus ordonne de prendre d’assaut Jérusalem assiégée depuis plusieurs mois.
La révolte juive contre Rome éclate en 66. En 67-68, Vespasien reprend la Galilée et la plus grande partie de la Judée. Devenu empereur en 69, il confie la fin de la guerre à son fils Titus. Au printemps 70, peu avant la Pâque, celui-ci met le siège devant Jérusalem avec quatre légions, la Ve Macedonica, la Xe Fretensis, la XIIe Fulminata et la XVe Apollinaris, ainsi que des contingents auxiliaires et alliés.
Dans la ville, trois factions se disputent le pouvoir : celle de Jean de Gischala, celle de Simon bar Giora et celle d’Éléazar ben Simon, retranchée dans le Temple. À la Pâque, Jean de Gischala s’empare du Temple et absorbe les partisans d’Éléazar. Les luttes internes ont détruit une grande partie des réserves de grain accumulées dans la ville.
Les Romains franchissent le troisième rempart, au nord, vers le 25 mai, puis le deuxième quelques jours plus tard. Repoussés à plusieurs reprises devant la forteresse Antonia, ils entourent la ville d’un mur de circonvallation long d’environ 7 km pour l’isoler complètement. La famine s’installe. Josèphe, passé aux Romains en 67, harangue en vain les défenseurs depuis le pied des murailles et y est blessé.
L’Antonia tombe en juillet et est rasée. Depuis ses ruines, les Romains construisent des rampes vers l’esplanade du Temple. Le sanctuaire brûle le 10 du mois de loos selon Josèphe, fin août 70, date que la tradition juive associe au 9 av. Josèphe affirme que Titus voulait épargner l’édifice ; plusieurs historiens jugent ce récit complaisant envers son protecteur. La ville basse est incendiée à son tour. Les derniers défenseurs se retranchent dans la ville haute, autour de l’ancien palais d’Hérode. Il faut de nouvelles terrasses d’assaut pour les atteindre. L’attaque finale emporte la ville haute ; la ville est pillée et incendiée. Jean de Gischala se rend ; Simon bar Giora est capturé peu après.
Josèphe avance 1 100 000 morts et 97 000 prisonniers. Ces chiffres sont jugés très exagérés, même en tenant compte de l’afflux de pèlerins venus pour la Pâque. Titus fait raser la ville, à l’exception de trois tours du palais d’Hérode (Hippicus, Phasaël et Mariamne) et d’une partie du rempart occidental de la ville, conservées pour abriter la garnison. Ce rempart ne doit pas être confondu avec le mur occidental du Temple, le « mur des Lamentations », qui est un mur de soutènement de l’esplanade.
Simon bar Giora est exécuté à Rome à l’issue du triomphe de Vespasien et Titus en 71 ; Jean de Gischala finit ses jours en prison. La Xe légion Fretensis s’installe sur les ruines. L’impôt versé au Temple est détourné au profit de Jupiter Capitolin sous le nom de fiscus Iudaicus. La guerre n’est pas terminée pour autant : les forteresses d’Hérodion, de Machéronte et de Massada résistent encore, la dernière jusqu’en 73 ou 74.

25 septembre 1066 : bataille de Stamford Bridge (victoire d’Harold Godwison).
Près de York, le roi d’Angleterre Harold Godwinson surprend et écrase l’armée du roi de Norvège Harald Hardrada, venu revendiquer la couronne anglaise avec l’appui de Tostig, frère exilé de Harold. Harald et Tostig sont tués. 19 jours plus tard, Harold meurt à Hastings face à Guillaume de Normandie.
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Édouard le Confesseur meurt sans enfant le 5 janvier 1066. Le witan, assemblée des grands du royaume, désigne Harold, comte de Wessex, couronné dès le lendemain. Deux prétendants contestent ce choix. Guillaume, duc de Normandie, invoque une promesse d’Édouard et un serment prêté par Harold. Harald Sigurdsson, dit Hardrada, roi de Norvège, s’appuie sur un accord conclu entre son prédécesseur Magnus le Bon et le roi anglo-danois Harthacnut, qui aurait fait de chacun l’héritier de l’autre.
Harald quitte la Norvège à la fin de l’été avec une flotte que la Chronique anglo-saxonne estime à environ 300 navires. Il est rejoint par Tostig, chassé l’année précédente de son comté de Northumbrie. Les envahisseurs remontent l’Ouse et débarquent à Riccall. Le 20 septembre, ils battent à Fulford les levées des comtes Edwin de Mercie et Morcar de Northumbrie. York capitule. Harald convient avec les habitants d’une remise d’otages et de vivres, fixée à Stamford Bridge, sur la Derwent, à une douzaine de kilomètres à l’est de la ville.
Harold se trouve dans le sud, où il attendait une descente normande tout l’été. Il remonte vers le nord à marche forcée, parcourant environ 300 kilomètres en quatre à cinq jours. Le 24 septembre, il est à Tadcaster. Le 25 au matin, il traverse York et tombe sur l’armée norvégienne, qui ne l’attend pas. Une partie des guerriers est restée aux navires avec Eystein Orre ; ceux de Stamford Bridge ont laissé leurs cottes de mailles à bord, par une journée chaude.
Un petit détachement norvégien tient la rive ouest de la Derwent pendant que le gros de l’armée se forme sur la rive est. La Chronique anglo-saxonne rapporte qu’un seul guerrier norvégien tint le pont un long moment avant d’être tué, selon une version plus tardive par un Anglais passé sous le pont. Les Anglais franchissent ensuite la rivière et attaquent le mur de boucliers. Harald est tué, atteint à la gorge par une flèche selon la saga que lui consacre Snorri Sturluson au XIIIe siècle. Tostig reprend le commandement et refuse une offre de paix, puis tombe à son tour. Les renforts d’Eystein Orre, arrivés de Riccall épuisés par leur course, sont écrasés à leur tour.
Harold laisse repartir les survivants, dont Olaf, fils de Harald, après qu’ils ont juré de ne plus revenir. Selon la Chronique anglo-saxonne, 24 navires suffirent à les ramener. Les effectifs engagés ne sont pas connus avec précision ; les estimations modernes varient du simple au double.
Le 28 septembre, Guillaume débarque à Pevensey. Harold redescend vers le sud avec une armée éprouvée et affronte les Normands le 14 octobre à Hastings, où il est tué. Stamford Bridge est souvent présenté comme la fin de l’âge viking en Angleterre. Les expéditions scandinaves ne cessent pas tout à fait : le roi Magnus III, dit Pieds-nus, petit-fils de Harald, mène encore des campagnes dans les îles écossaises, à Man et en Irlande, où il est tué en 1103.

25 (ou 28) septembre 1396 : bataille de Nicopolis.
Sur la rive sud du Danube, dans l’actuelle Bulgarie, le sultan ottoman Bayezid Ier anéantit l’armée croisée rassemblée par le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg.
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Depuis le milieu du XIVe siècle, les Ottomans ont pris pied en Thrace, soumis la Bulgarie et vaincu les Serbes à Kosovo Polje en 1389. Bayezid Ier, dit l’Éclair, bloque Constantinople et menace directement la Hongrie. Sigismond obtient le soutien des deux papes rivaux, Boniface IX à Rome et Benoît XIII à Avignon, et profite de la trêve franco-anglaise pour lever une croisade.
Le contingent français et bourguignon, fort de plusieurs milliers d’hommes, est placé sous le commandement nominal de Jean, comte de Nevers, fils aîné du duc de Bourgogne Philippe le Hardi, âgé de 24 ans. Il est encadré par des chefs éprouvés : l’amiral Jean de Vienne, le sire Enguerrand VII de Coucy, le maréchal Boucicaut, Philippe d’Artois, comte d’Eu et connétable. S’y ajoutent des Allemands, des Hospitaliers conduits par Philibert de Naillac, des Valaques du voïvode Mircea, des Transylvains et une flotte vénitienne et génoise qui remonte le Danube.
Les croisés prennent Vidin et Rahova (l’actuelle Oryahovo), puis mettent le siège devant Nicopolis au début de septembre. Faute d’engins de siège, ils attendent que la faim fasse tomber la place. Bayezid lève le blocus de Constantinople et arrive au secours de la ville avec son armée et un contingent serbe commandé par le despote Stefan Lazarević. Les croisés sont prévenus tardivement. Avant la bataille, ils massacrent les prisonniers faits à Rahova.
Sigismond propose de laisser l’infanterie hongroise recevoir le premier choc. Les chefs français réclament l’avant-garde et l’obtiennent. La chevalerie charge, franchit une ligne de pieux, disperse les archers à pied et l’infanterie légère ottomane, puis poursuit à pied vers les hauteurs, où l’attendent les sipahis et le contingent serbe. Épuisée, elle est encerclée. Jean de Vienne meurt en tenant la bannière ; Nevers, Coucy, Boucicaut et Eu sont pris. Le reste de l’armée, désorganisé, se débande. Sigismond gagne le Danube et s’échappe sur un navire vénitien.
En représailles pour Rahova, Bayezid fait exécuter la plupart des prisonniers, environ 3 000 selon l’estimation courante. Il épargne les plus riches, libérés contre une rançon de 200 000 florins d’or ; Philippe le Hardi doit emprunter pour libérer son fils, qui y gagne son surnom de Jean sans Peur. Coucy et le comte d’Eu meurent en captivité, Guy de La Trémoille sur le chemin du retour.
Sigismond reste roi de Hongrie, devient roi des Romains en 1411 et empereur en 1433. Boucicaut revient défendre Constantinople en 1399 avec un petit corps expéditionnaire. La défaite ne met pas fin à l’idée de croisade, qui aboutit encore à la campagne de Varna en 1444, mais elle marque la fin des grandes coalitions occidentales contre les Ottomans. Constantinople doit un sursis d’un demi-siècle à la défaite de Bayezid face à Tamerlan à Ankara en 1402.
25 septembre 1513 : découverte du Pacifique (actuel Panama).
Du haut d’une crête de l’isthme de Darién, dans l’actuel Panama, le conquistador espagnol Vasco Núñez de Balboa est le premier Européen connu à voir l’océan Pacifique, qu’il nomme la « mer du Sud ». Les sources hésitent entre le 25 et le 27 septembre.
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Né vers 1475 à Jerez de los Caballeros, en Estrémadure, Balboa arrive aux Amériques en 1500. Ruiné à Hispaniola, il s’embarque clandestinement pour échapper à ses créanciers et se trouve en 1510 parmi les fondateurs de Santa María la Antigua del Darién, premier établissement espagnol durable sur le continent. Il en prend la direction en écartant ses rivaux. Des informateurs indigènes lui parlent d’une autre mer, au sud, et de peuples riches en or.
Le 1er septembre 1513, il part avec environ 190 Espagnols, parmi lesquels Francisco Pizarro, des centaines de porteurs indigènes et des chiens de combat. L’expédition traverse forêt, marais et montagnes, alterne alliances et combats avec les chefs locaux, dont celui de Quarequá, tué avec plusieurs centaines des siens. Averti qu’on voit la mer depuis un sommet, Balboa fait arrêter la colonne et monte seul, puis appelle ses hommes. Le 29 septembre, il atteint le rivage du golfe de San Miguel, entre dans l’eau et prend possession de la mer et de ses côtes au nom de la couronne de Castille.
L’exploit ne le protège pas. Pedrarias Dávila, nommé gouverneur de la Castille d’Or, le tient en suspicion. Balboa est accusé de trahison, jugé et décapité à Acla en janvier 1519. L’océan reçoit son nom de Pacifique de Magellan, qui le traverse en 1520-1521.

25 septembre 1766 : naissance d’Armand-Emmanuel du Plessis de Richelieu.
Officier au service de la Russie, gouverneur d’Odessa puis deux fois président du Conseil sous Louis XVIII, Armand-Emmanuel de Vignerot du Plessis, cinquième duc de Richelieu, est né à Paris.
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Petit-fils du maréchal de Richelieu, arrière-petit-neveu du cardinal, il porte d’abord le titre de courtoisie de comte de Chinon, puis celui de duc de Fronsac à partir de 1788, et devient duc de Richelieu à la mort de son père en 1791. Il est marié le 4 mai 1782, à 15 ans, à Rosalie de Rochechouart-Faudoas, qui en a treize et souffre d’une malformation du dos. Aussitôt après la cérémonie, il part pour un long voyage en Europe. En 1784 ou 1785, il entre aux dragons de la Reine, puis succède à son père dans la charge de premier gentilhomme de la Chambre. Il est à Versailles lors des journées d’octobre 1789.
En 1790, chargé d’une mission auprès de Joseph II, il apprend en route la mort de l’empereur. Il rejoint l’armée russe engagée contre les Ottomans avec le prince de Ligne et le comte de Langeron, et participe en décembre 1790 à l’assaut d’Izmaïl sous Souvorov. Catherine II lui décerne l’ordre de Saint-Georges et une épée d’or. Après un bref retour en France et un passage à l’armée de Condé, il entre au service russe, où il atteint le grade de général-major, avant d’être écarté par Paul Ier.
Alexandre Ier le nomme en 1803 gouverneur d’Odessa, puis en 1805 gouverneur général de la Nouvelle-Russie. En 11 ans, il fait d’une bourgade fondée en 1794 un port de commerce actif, attire colons et négociants, organise l’administration et conduit des expéditions contre les Circassiens du Kouban pendant la guerre russo-turque de 1806-1812. En 1812, il reste à Odessa pour combattre une épidémie de peste au lieu de rejoindre l’armée. La ville lui a élevé en 1828 la statue qui domine l’escalier du port.
Revenu en France en 1814, il est nommé pair et premier gentilhomme de la Chambre. Pendant les Cent-Jours, il suit Louis XVIII jusqu’à Lille puis rejoint les souverains alliés. Le 26 septembre 1815, il succède à Talleyrand comme président du Conseil et ministre des Affaires étrangères. Il négocie le second traité de Paris du 20 novembre 1815, qui ramène la France à ses frontières de 1790 et lui impose une indemnité de 700 millions de francs et une occupation militaire. Grâce à son crédit auprès d’Alexandre Ier, il obtient au congrès d’Aix-la-Chapelle, en 1818, l’évacuation anticipée du territoire. Il quitte le pouvoir en décembre 1818, y revient en février 1820 après l’assassinat du duc de Berry et le quitte en décembre 1821. Il meurt à Paris le 17 mai 1822, sans postérité. Il était membre de l’Académie française depuis 1816.
25-26 septembre 1799 : Masséna bat les Russes à Zurich, Soult bat les Autrichiens sur la Linth.
En deux jours, l’armée française d’Helvétie défait séparément les deux corps coalisés qui tenaient la Suisse, avant que Souvorov, qui arrive d’Italie par le Saint-Gothard, ait pu les rejoindre. La défaite pousse la Russie à quitter la deuxième coalition.
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Au printemps 1799, les Autrichiens de l’archiduc Charles ont refoulé les Français derrière la Limmat et l’Aar après une première bataille de Zurich, en juin. Le plan coalisé prévoit ensuite que l’archiduc parte vers le Rhin inférieur, que le corps russe d’Alexandre Rimski-Korsakov tienne Zurich avec l’appui des Autrichiens de Friedrich von Hotze sur la Linth, et que Souvorov, vainqueur en Italie, les rejoigne par les Alpes. Masséna, qui dispose d’environ 77 000 hommes en Suisse, décide de frapper dans l’intervalle entre le départ de l’archiduc et l’arrivée de Souvorov.
À l’aube du 25 septembre, sous la direction du général Oudinot, chef d’état-major de Masséna, les troupes de la division Lorge franchissent la Limmat par surprise près de Dietikon, sur des barques puis sur un pont jeté dans la foulée. La division Mortier et une démonstration de la division Ménard fixent les Russes sur l’autre rive. Korsakov, qui avait détaché une partie de ses forces vers Hotze, contre-attaque en masse mais se trouve débordé. Le 26, il sort de Zurich en perdant son artillerie, ses bagages et ses magasins, et se replie vers le Rhin. Les pertes russes dépassent 8 000 hommes pendant la bataille, auxquelles s’ajoutent celles de la retraite ; les pertes françaises sont estimées à 4 000 tués et blessés.
Le même 25 septembre, plus à l’est, la division Soult franchit la Linth entre les lacs de Zurich et de Walenstadt. Hotze, parti reconnaître le terrain, est tué au début de l’engagement. Privés de leur chef, les Autrichiens se retirent vers le Vorarlberg.
Souvorov a franchi le Saint-Gothard le 24. Il débouche dans la vallée de la Reuss et se trouve seul face à une armée victorieuse. Il doit se frayer un chemin par des cols de haute montagne et rejoint les débris de Korsakov au prix de lourdes pertes. Le tsar Paul Ier, qui accuse l’Autriche de l’avoir abandonné, rappelle ses troupes et quitte la coalition. Moins de deux mois plus tard, Bonaparte, rentré d’Égypte, prend le pouvoir le 18 brumaire.
25 septembre 1902 : naissance de l’écrivain allemand et ancien des Freikorps Ernst von Salomon.
Ernst Friedrich Karl von Salomon est un écrivain allemand né le à Kiel et mort le à Winsen, près de Hambourg.
Il a d’abord été membre des Freikorps dans l’immédiat après-guerre, puis activiste de l’Organisation Consul sous la République de Weimar, avant de se consacrer à l’écriture d’une œuvre essentiellement autobiographique.
Son œuvre, principalement autobiographique, dépeint avec un mélange d’ironie et de cynisme la société allemande en décomposition, prise entre des spasmes nationalistes et communistes et l’amertume de la défaite de 1918. Ces convulsions de l’Allemagne du premier après-guerre apparaissent dans ses principaux romans : Les Réprouvés (Die Geächteten, 1930), La Ville (Die Stadt, 1932) et Les Cadets (Die Kadetten, 1933). Il est aussi l’auteur d’un essai sur l’esprit des corps francs, Histoire proche (Nahe Geschichte, 1936) et de L’Épopée des Corps Francs (Das Buch vom deutschen Freikorpskämpfer, Berlin, 1938).
Les Réprouvés, paru en 1930, revient sur les frustrations d’une jeunesse allemande à la suite de la défaite de 1918. Von Salomon y raconte successivement son engagement dans les Freikorps en Baltique, le putsch de Kapp, l’Organisation Consul, et son emprisonnement pour complicité dans l’assassinat du ministre Rathenau.
Son livre le plus célèbre demeure Der Fragebogen (Le Questionnaire), publié en 1951, dans lequel il conte notamment l’expérience de son internement dans un camp américain en Allemagne entre 1945 et 1946. Le titre du livre fait référence au document comprenant 131 questions auxquelles tout citoyen allemand dut répondre pour établir ses éventuels liens avec le régime nazi (le cas le plus emblématique fut celui du chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler).
Le Questionnaire rencontra un vif succès, révélant ainsi la persistance d’un traumatisme chez les Allemands.


25 septembre 1911 : explosion du cuirassé Liberté en rade de Toulon.
Un incendie dans une soute à munitions provoque l’explosion du cuirassé Liberté, au mouillage en rade de Toulon. Environ 300 marins sont tués, dont une centaine sur les bâtiments voisins. L’enquête met en cause l’instabilité de la poudre B, déjà soupçonnée dans l’explosion de l’Iéna en 1907.
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Lancé en 1905 aux Chantiers de la Loire à Saint-Nazaire, entré en service en 1908, le Liberté est l’un des cuirassés de la classe du même nom, dérivée de la classe République. Il déplace près de 15 000 tonnes et porte quatre canons de 305 mm et dix de 194 mm. Au début de septembre 1911, il a participé en rade de Toulon à la grande revue navale passée par le président de la République Armand Fallières. L’escadre est ensuite restée au mouillage.
Le 25 septembre, vers 5 h 30, un incendie se déclare à l’avant tribord, près des soutes des pièces de 194 mm. L’équipage tente de noyer les soutes, sans y parvenir. À 5 h 53, au moment où l’ordre d’abandonner le bord est donné, une première explosion puis une déflagration beaucoup plus violente disloquent l’avant du navire. Des débris sont projetés sur les cuirassés et croiseurs mouillés à proximité, dont le République, et y font de nombreuses victimes. Les estimations varient selon les sources ; le chiffre généralement retenu est d’environ 300 morts, dont près de 200 à 290 marins du Liberté selon les décomptes, et près de 200 blessés soignés à l’hôpital de Saint-Mandrier.
Des funérailles nationales ont lieu à Toulon le 3 octobre, en présence d’Armand Fallières et du président du Conseil Joseph Caillaux. L’enquête conclut à la décomposition spontanée de la poudre B, poudre sans fumée à base de nitrocellulose, dont la stabilité diminue avec le temps et la chaleur. Le 12 mars 1907, l’explosion du cuirassé Iéna dans un bassin de Toulon avait déjà fait plus de 100 morts. Le drame du Liberté entraîne une refonte des règles de fabrication, de contrôle et de stockage des poudres de la Marine. L’épave, qui encombrait la rade, est relevée et démantelée au cours des années suivantes.


25 septembre 1915 : début de la seconde bataille de Champagne.
À 09 h 15, après trois jours de préparation d’artillerie, deux armées françaises attaquent sur 25 km entre Aubérive et Ville-sur-Tourbe. La première position allemande est enlevée sur une grande partie du front, mais la seconde, restée intacte, arrête l’offensive. La percée espérée par Joffre n’a pas lieu.
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À l’automne 1915, Joffre prépare une offensive double : en Artois, avec les Britanniques, et en Champagne, où doit porter l’effort principal. Il s’agit de soulager la Russie, qui a perdu la Pologne pendant l’été, de peser sur les États balkaniques encore neutres, de rétablir la guerre de mouvement et de soutenir le moral de l’armée et de l’opinion.
Le général de Castelnau, commandant le groupe d’armées du Centre, dirige l’opération. Il engage la 2e armée du général Pétain et la 4e armée du général de Langle de Cary, chacune renforcée d’un corps de cavalerie destiné à l’exploitation, soit au total plus de trente divisions. En face, la IIIe armée allemande du général von Einem tient un système à deux positions. La seconde est établie à contre-pente, hors de vue des observateurs d’artillerie français. Le secteur a été choisi pour son relief faible et l’absence de gros villages susceptibles de servir de points d’appui.
La préparation commence le 22 septembre. Le 25 à 9 h 15, l’infanterie sort des tranchées, sous la pluie. Les soldats portent la tenue bleu horizon et, pour une bonne partie, le casque Adrian, distribué depuis l’été. Au centre, le 2e corps colonial progresse de 3 km au nord de Souain et atteint la ferme de Navarin ; des milliers de prisonniers allemands refluent vers l’arrière. Ailleurs, les vagues d’assaut se heurtent à des réseaux de barbelés restés intacts et à des mitrailleuses épargnées par l’artillerie. Parvenues devant la seconde position, les unités françaises sont arrêtées. La cavalerie ne peut s’engager.
Les attaques reprennent les jours suivants sans entamer la seconde ligne. Le 28 septembre, près de la ferme de Navarin, le légionnaire Blaise Cendrars, engagé volontaire, est grièvement blessé ; amputé du bras droit, il tirera de son expérience La Main coupée. Le 1er octobre, Pétain fait suspendre les combats en raison des pertes et de la consommation de munitions. Une nouvelle attaque le 6 octobre échoue. Les combats s’éteignent au début de novembre ; une contre-attaque allemande reprend une partie du terrain perdu.
Le bilan le plus souvent cité fait état, du côté français, de 27 851 tués, 98 305 blessés et 53 658 prisonniers et disparus. Les pertes allemandes, nettement inférieures, sont estimées selon les auteurs entre 70 000 et 100 000 hommes, dont environ 25 000 prisonniers. Le gain territorial n’excède pas 3 à 4 km.
L’offensive confirme qu’une position défensive en profondeur ne peut être enlevée d’un seul élan. Elle met en évidence la difficulté de coordonner l’artillerie lourde et l’infanterie, et l’insuffisance des stocks de munitions : les réserves accumulées depuis l’échec de l’offensive d’Artois au printemps sont consommées en quelques jours. Pétain en tire des conclusions sur la nécessité d’attaques méthodiques, ligne après ligne, qui orienteront sa conduite de la guerre.



25-28 septembre 1915 : bataille de Loos et défaite britannique.
Volet britannique de l’offensive alliée d’automne en Artois, la bataille de Loos est à l’époque la plus importante attaque britannique de la guerre et la première où l’armée britannique emploie les gaz. Le premier jour, le village de Loos est pris, mais les réserves arrivent trop tard. Les combats s’enlisent et coûtent près de 60 000 hommes aux Britanniques. L’échec entraîne le remplacement de Sir John French par Douglas Haig.
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L’historiographie française désigne l’ensemble des opérations d’automne en Artois sous le nom de troisième bataille de l’Artois (après celles d’octobre 1914 et de mai-juin 1915). La 10e armée française d’Urbal attaque la crête de Vimy ; la 1re armée britannique du général Haig attaque plus au nord, entre le canal de La Bassée et Loos-en-Gohelle, dans le bassin minier.
Haig engage 6 divisions, dont 2 formées de volontaires de la « Nouvelle Armée » de Kitchener et 1 division territoriale. Faute d’obus en quantité suffisante, la préparation d’artillerie est faible. Il compte sur les gaz pour la compenser : environ 140 tonnes de chlore sont lâchées à 05 h 50 ; 40 minutes avant l’assaut. Le vent, faible et irrégulier, rabat le nuage vers les tranchées britanniques dans plusieurs secteurs ; environ 2 600 hommes sont intoxiqués, la plupart sans gravité.
L’infanterie sort à 06 h 30. Au sud, les 15e (écossaise) et 47e (londonienne) divisions prennent Loos et atteignent la cote 70. Au nord, la 9e division écossaise s’empare de la redoute Hohenzollern. Ce 25 septembre est l’une des journées les plus meurtrières de la guerre pour l’armée britannique : environ 8 500 soldats sont tués devant Loos. Les deux divisions de réserve, les 21e et 24e, dont Sir John French a gardé le contrôle, se trouvent à une dizaine de kilomètres et n’arrivent qu’à la nuit. Engagées le 26 sans appui suffisant contre une seconde position allemande renforcée, elles perdent près de la moitié de leurs effectifs.
Les combats se poursuivent jusqu’au 8 octobre. Les Allemands reprennent la redoute Hohenzollern le 3 octobre ; une dernière attaque britannique échoue le 13 octobre. Loos reste aux mains des Britanniques, mais le front ne progresse guère au-delà de la ligne atteinte le premier jour. Les pertes britanniques sont évaluées à 59 247 hommes, dont plus de 16 000 tués ; les pertes allemandes à environ 26 000. Sir John French, critiqué pour sa gestion des réserves, est remplacé par Haig à la tête du corps expéditionnaire en décembre 1915.
Parmi les morts figurent le major-général George Thesiger, commandant la 9e division, tué le 27 septembre ; Fergus Bowes-Lyon, frère de la future reine Elizabeth, épouse de George VI, tué le même jour à la redoute Hohenzollern ; le poète Charles Sorley, tué le 13 octobre ; et le soldat Henry Harrison, du Loyal North Lancashire Regiment, grand-père de George Harrison, tué le 25 septembre. Le poète Robert Graves survit et évoque la bataille dans Goodbye to All That (1929).
Le sous-lieutenant John Kipling, fils unique de Rudyard Kipling, est tué le 27 septembre à 18 ans lors de l’attaque du bois de la Carrière (Chalk Pit Wood) par le 2e bataillon des Irish Guards. Myope, il avait été refusé avant d’obtenir un brevet grâce à l’appui de Lord Roberts, ami de son père. Porté disparu, il est inscrit sur le mémorial de Loos, à Dud Corner. En 1992, la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth attribue une tombe du cimetière St Mary’s ADS, à Haisnes, à John Kipling ; cette identification est contestée par plusieurs chercheurs. Rudyard Kipling rejoint après la mort de son fils l’Imperial War Graves Commission et propose l’épitaphe Known unto God (« Connu de Dieu ») gravée sur les tombes des soldats non identifiés. Son poème My Boy Jack, publié en 1916, est rattaché officiellement à la bataille navale du Jutland, mais il est lu depuis comme une méditation sur la disparition de son fils.


Très myope, l’engagement de John Kipling dans les troupes britanniques lui fut plusieurs fois refusé au début de la Première Guerre mondiale. Grâce à l’intervention de son père, il fut admis dans les Irish Guards. Lieutenant au 2e bataillon, il fut tué, lors de son premier assaut, durant l’attaque de Chalk Pit Wood à la Bataille de Loos et son corps ne fut pas retrouvé. Son nom fut gravé sur le mémorial de l’armée britannique de Loos.
En 1915, Rudyard Kipling écrivit le poème My Boy Jack à la mémoire de son fils.
Jusqu’à sa mort en 1936, son père procéda à des fouilles dans la région pour retrouver les preuves de sa mort ou sa dépouille.
25 septembre 1921 : naissance de Jacques Martin, auteur de bandes dessinées français surtout connu pour ses séries « Alix ».
Jacques Martin, né le à Strasbourg en France et mort le à Orbe en Suisse, est un auteur de bande dessinée français.
Dessinateur réaliste, il est surtout connu pour sa série d’aventure antique Alix publiée à partir de 1948 et sa série d’espionnage contemporaine Lefranc apparue quatre ans plus tard. Martin a également assisté Hergé sur plusieurs albums de Tintin. Outre ses deux séries principales, il a également créé les séries d’aventure historique Jhen en 1978 avec Jean Pleyers, Arno en 1983 avec André Juillard, Orion en 1990 seul, Keos en 1992 avec Jean Pleyers et Loïs en 2000 avec Olivier Pâques.
Atteint de problèmes de vue au début des années 1990, Martin se concentre sur les scénarios. Au fil des années, il emploie de plus en plus de dessinateurs et de co-scénaristes. À sa mort en 2010, Jacques Martin laisse des centaines d’albums vendus à quinze millions d’exemplaires et traduits en plus de dix langues dont le latin. Après sa mort, Alix, Lefranc, Jhen et Loïs (jusqu’en 2015) , continuent à connaître de nouveaux albums, conçus par des repreneurs et continuateurs.

24-25 septembre 1938 : le vol du Rodina établit un record mondial féminin de distance.
Valentina Grizodoubova, Polina Ossipenko et Marina Raskova relient sans escale la région de Moscou à l’Extrême-Orient soviétique à bord du bimoteur Tupolev ANT-37 bis Rodina (« Patrie »). Après 26 heures 29 minutes de vol et 5 908 km en ligne droite, record homologué par la Fédération aéronautique internationale, l’avion, à court de carburant, se pose sur le ventre dans un marais près de la rivière Amgoun. Raskova, qui a sauté en parachute avant l’atterrissage, erre 10 jours dans la taïga avant de rejoindre l’épave.
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L’ANT-37, ou DB-2, est un bombardier à long rayon d’action conçu par le bureau d’études de Tupolev au milieu des années 1930. Il n’est pas retenu pour la production en série : le premier prototype est détruit en vol en juillet 1935. Le type est alors adapté aux vols de record. Trois exemplaires sont construits sous la désignation ANT-37 bis, ou DB-2B, désarmés, dotés d’un nez vitré modifié et de réservoirs agrandis. Le Rodina est le premier d’entre eux. Il est propulsé par deux moteurs en étoile M-86 d’environ 950 chevaux. Ces raids à grande distance participent, comme ceux de Tchkalov et de Gromov vers les États-Unis en 1937, à la mise en scène de la puissance aéronautique soviétique.
L’équipage est entièrement féminin. Valentina Grizodoubova, 28 ans, pilote et commandant de bord, est une aviatrice expérimentée qui détient déjà plusieurs records. Polina Ossipenko, copilote, est une pilote militaire qui a établi des records d’altitude. Marina Raskova, navigatrice, est la première femme à avoir obtenu le brevet de navigateur de l’aviation soviétique.
Le Rodina décolle le 24 septembre 1938 à 08 h 12, heure de Moscou, de l’aérodrome de Chtchiolkovo. Le vol se déroule presque entièrement au-dessus d’une couverture nuageuse continue, dans un froid intense. La radio tombe en panne, privant l’équipage de relèvements et de contacts au sol. Faute de repères, l’avion dépasse sa destination, Komsomolsk-sur-l’Amour, et l’équipage confond un temps l’Amgoun avec l’Amour. Le 25 septembre, alors qu’il reste environ une demi-heure de carburant, Grizodoubova décide de se poser en campagne. Le poste du navigateur, dans le nez vitré, risque d’être écrasé à l’atterrissage : elle ordonne à Raskova de sauter. Grizodoubova pose ensuite l’avion train rentré dans un marais boisé proche de l’Amgoun. Ossipenko et elle sont indemnes.
Raskova atterrit en pleine taïga avec, pour tout vivre, deux barres de chocolat. Elle marche pendant dix jours, se nourrissant de baies, avant de retrouver l’avion. Entre-temps, l’épave a été repérée d’avion par le pilote Mikhaïl Sakharov, au terme de recherches qui mobilisent plus de cinquante appareils et des centaines d’hommes à pied. L’opération de sauvetage tourne au drame : le 4 octobre, un bimoteur de transport Douglas et un bombardier TB-3 transportant des parachutistes entrent en collision au-dessus du site. Le nombre des victimes, longtemps tenu secret, varie selon les sources : le monument élevé à leur mémoire à Komsomolsk-sur-l’Amour réunit treize corps, d’autres décomptes vont jusqu’à une trentaine de morts.
Le 2 novembre 1938, les trois aviatrices sont les premières femmes à recevoir le titre de Héros de l’Union soviétique. Polina Ossipenko se tue le 11 mai 1939 dans un accident d’avion d’entraînement. En 1941, Marina Raskova obtient la création de trois régiments d’aviation féminins, dont le 588e régiment de bombardement de nuit, celui des « Sorcières de la nuit ». Elle meurt le 4 janvier 1943 dans l’accident de son Pe-2 et reçoit les premières funérailles nationales de la guerre ; ses cendres reposent dans le mur du Kremlin. Valentina Grizodoubova commande pendant la guerre un régiment de bombardement à long rayon d’action, dont les équipages ravitaillent notamment les partisans. Elle meurt en 1993.

Les femmes pilotes soviétiques de la Grande Guerre patriotique
25 septembre 1942 : Andrée Borrel et Lise de Baissac deviennent les premières femmes agents du SOE à sauter en parachute en France occupée.

Au petit matin du 25 septembre 1942, deux femmes agents de la section F du Special Operations Executive britannique sautent d’un bombardier Whitley au lieu-dit Bois-Renard, sur la commune de Saint-Laurent-Nouan, en Loir-et-Cher. Andrée Borrel, « Denise », et Lise de Baissac, « Odile », sont les premières femmes du SOE parachutées en France occupée. Une autre agente, Yvonne Rudellat, était arrivée par mer deux mois plus tôt.
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Une première tentative a échoué dans la nuit du 23 au 24 septembre, le pilote n’ayant pas identifié les signaux convenus au sol. La nuit suivante, l’avion décolle de la base de Tempsford. Andrée Borrel saute la première. Les deux femmes sont accueillies par Pierre Culioli et Yvonne Rudellat, responsables d’un sous-réseau en Sologne. Une stèle a été inaugurée sur le lieu du parachutage le 25 septembre 2022, pour le 80e anniversaire.
Andrée Borrel. Née le 18 novembre 1919 en région parisienne, dans une famille modeste, elle quitte l’école à quatorze ans. En 1939, elle suit une formation d’aide-soignante et soigne des blessés à Beaucaire. Dès l’été 1940, elle participe avec Maurice Dufour à la filière d’évasion dite Pat O’Leary, qui fait passer en Espagne des aviateurs et des soldats alliés ; leur villa de Canet-Plage sert de refuge. Quand la filière est démantelée à la fin de 1940, elle gagne Lisbonne, travaille pour le bureau de propagande de la France libre, puis rejoint Londres, où elle est engagée dans le corps féminin des FANY et recrutée par le SOE.
Après le parachutage, elle prépare l’arrivée de Francis Suttill, « Prosper », parachuté au début d’octobre, et devient son courrier puis son adjointe au sein du réseau PHYSICIAN, dit Prosper, qui devient le plus important de la section F dans la région parisienne. Son français et sa connaissance de Paris compensent l’accent de Suttill. Dans la nuit du 23 au 24 juin 1943, elle est arrêtée avec l’opérateur radio Gilbert Norman dans un appartement parisien proche de la station Rue-de-la-Pompe ; Suttill est arrêté à Paris quelques heures plus tard. Le réseau s’effondre, entraînant des centaines d’arrestations.
Détenue à Fresnes, Andrée Borrel est transférée le 13 mai 1944 à la prison pour femmes de Karlsruhe avec 7 autres agentes. Le 6 juillet 1944, elle est conduite avec Vera Leigh, Diana Rowden et Sonia Olschanezky au camp de Natzweiler-Struthof, en Alsace annexée. Les 4 femmes sont tuées le soir même par injection de phénol et leurs corps brûlés dans le four crématoire. Elle avait 24 ans. Un futur patrouilleur hauturier de la Marine nationale doit porter son nom.
Lise de Baissac. Née le 11 mai 1905 à Curepipe, à l’île Maurice, alors colonie britannique, dans une famille de grands propriétaires d’origine française, elle est bilingue. Elle vit à Paris depuis les années 1920. En 1940, elle rejoint l’Angleterre par l’Espagne et Gibraltar, avec son frère Claude, lui aussi futur agent du SOE. Elle fait partie des quatorze Mauriciens recrutés par le service. Elle reçoit en juillet 1942 un brevet d’officier dans les FANY ; ses instructeurs relèvent son calme et son sérieux.
Après le parachutage, elle s’installe à Poitiers sous l’identité d’Irène Brisse, veuve venue de Paris. Elle y monte un réseau d’accueil, ARTIST, repère des terrains de parachutage et sert de liaison entre les réseaux SCIENTIST de son frère, PROSPER et BRICKLAYER. Elle loge à proximité du siège local de la police allemande. Après la chute de Prosper, elle est rappelée à Londres et quitte la France par Lysander dans la nuit du 16 au 17 août 1943 avec son frère et le major Nicholas Bodington.
Une fracture de la jambe, survenue pendant l’entraînement de nouveaux agents, retarde son retour. Elle est déposée par Lysander près de Villers-les-Ormes dans la nuit du 9 au 10 avril 1944, sous le nom de guerre de « Marguerite », comme courrier d’une branche du réseau PIMENTO. En désaccord avec ses responsables, elle rejoint en Normandie le réseau SCIENTIST reconstitué par son frère, chargé de repérer des terrains pour les troupes aéroportées et d’armer les maquis. Elle reste sur le terrain pendant la bataille de Normandie.
Après la guerre, elle travaille au service français de la BBC, épouse en 1950 l’artiste décorateur Gustave Villameur et s’établit à Marseille. Titulaire du MBE, chevalier de la Légion d’honneur, décorée de la croix de guerre, elle meurt à Marseille le 28 mars 2004, à 98 ans.
25 septembre 1942 : raid de Mosquito sur le quartier général de la Gestapo à Oslo.
Quatre bombardiers légers de Havilland Mosquito du No. 105 Squadron de la RAF attaquent en rase-mottes l’immeuble Victoria Terrasse, siège de la police de sûreté allemande à Oslo. 4 bombes au moins traversent le bâtiment ; l’une n’explose pas, les trois autres ressortent par le mur opposé avant d’exploser. Le bâtiment est à peine endommagé, un Mosquito est abattu, mais le raid révèle au public britannique l’existence du nouvel appareil.
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Entré en service dans le Bomber Command au printemps 1942, le Mosquito est un bimoteur construit presque entièrement en bois. Sans armement défensif, il compte sur sa vitesse, supérieure à celle de la plupart des chasseurs allemands de l’époque, pour échapper à l’interception. Le No. 105 Squadron, première unité équipée de la version bombardier B Mk IV, se spécialise dans les attaques de précision à très basse altitude et de jour.
L’objectif, Victoria Terrasse, est un ensemble d’immeubles du centre d’Oslo occupé depuis 1940 par la Sicherheitspolizei et le service de sécurité SS, que les Norvégiens désignent comme le quartier général de la Gestapo. Des résistants y sont interrogés et torturés. Le raid est programmé le jour d’un rassemblement du parti Nasjonal Samling de Vidkun Quisling dans la capitale ; il doit frapper l’appareil répressif allemand et soutenir le moral de la population norvégienne.
Les quatre appareils décollent de Leuchars, dans le Fife, en Écosse. Ils sont conduits par le Squadron Leader George Parry, avec le Flying Officer « Robbie » Robson comme navigateur. Les autres équipages sont ceux du Flight Lieutenant Peter Rowland et du Flying Officer Richard Reilly, du Flying Officer Alec Bristow et du Pilot Officer Bernard Marshall, du Flight Sergeant Gordon Carter et du Sergeant William Young. La mer du Nord est traversée à moins de 30 mètres d’altitude. L’aller et retour représente environ 1 770 km, pour près de 4 heures 45 de vol. Chaque Mosquito emporte 4 bombes de 500 livres à fusée retardée, destinées à laisser aux avions le temps de s’éloigner.
L’attaque a lieu au début de l’après-midi. Au moins 4 bombes pénètrent dans le bâtiment. L’une n’éclate pas. Les trois autres, animées d’une vitesse élevée et ralenties par une structure trop légère, traversent l’immeuble et ressortent par le mur opposé avant d’exploser à l’extérieur. Victoria Terrasse n’est que légèrement endommagé. Des immeubles voisins sont touchés et le bilan humain comprend des victimes allemandes et des civils norvégiens ; les chiffres varient selon les sources.
Des Focke-Wulf 190 de la 3e escadrille du Jagdgeschwader 5, stationnés à Fornebu, décollent pour intercepter les Mosquito, qu’ils prennent d’abord pour des Douglas Boston. Deux chasseurs engagent la formation. Le Mosquito de Gordon Carter et William Young, touché, s’écrase dans le lac Engervann, à Bærum, à l’ouest d’Oslo ; les deux hommes sont tués. Des Norvégiens repêchent leurs corps, et ils sont inhumés au cimetière de Vestre gravlund, à Oslo. Selon certaines sources, l’un des chasseurs allemands heurte un arbre au cours de la poursuite à très basse altitude. Les trois autres Mosquito regagnent l’Écosse.
Le 26 septembre, la BBC annonce le raid et révèle pour la première fois l’existence du Mosquito ; The Times publie photographies et commentaires dans les jours suivants. L’opération n’a pas atteint son but militaire, mais elle démontre l’allonge et la précision de l’appareil. D’autres attaques de ce type suivront, dont celle d’Amiens en février 1944 contre la prison. Victoria Terrasse est de nouveau bombardé le 31 décembre 1944 par des Mosquito du No. 627 Squadron. Le bâtiment n’est encore que faiblement touché, mais les bombes tombées à côté tuent plusieurs dizaines de civils, dont tous les passagers d’un tramway sur le Drammensveien ; ce second raid fait au total 105 morts, dont 78 civils norvégiens. Depuis la guerre, l’immeuble abrite le ministère norvégien des Affaires étrangères.
25 septembre 1944 : Hitler signe le décret créant le Volkssturm.
Par un décret daté du 25 septembre 1944, Hitler ordonne la levée de tous les hommes de 16 à 60 ans capables de porter les armes et non encore mobilisés dans une milice territoriale, le Deutscher Volkssturm. Le décret n’est rendu public que le 18 octobre.
À la fin de l’été 1944, la Wehrmacht a perdu la France, la Belgique et la plus grande partie de ses conquêtes à l’est. L’Armée rouge atteint la Prusse-Orientale, les Alliés occidentaux la frontière du Reich. Le gauleiter de Prusse-Orientale, Erich Koch, et le chef d’état-major de l’armée de terre, Heinz Guderian, proposent de former des milices locales. Martin Bormann, chef de la chancellerie du parti, obtient qu’elles relèvent du parti et non de l’armée.
Le décret répartit les compétences : les gauleiters recrutent et commandent les bataillons dans leur circonscription ; Heinrich Himmler, commandant de l’armée de réserve depuis l’attentat du 20 juillet, est chargé de l’instruction, de l’organisation militaire et de l’armement. Le 18 octobre 1944, anniversaire de la bataille de Leipzig de 1813, Himmler annonce la création du Volkssturm à la radio.
Des centaines de milliers d’hommes sont enrôlés, pour beaucoup des adolescents des Jeunesses hitlériennes et des quinquagénaires ou sexagénaires vétérans de la Grande Guerre. L’équipement est dérisoire : un brassard tient souvent lieu d’uniforme, les fusils sont disparates et le lance-roquettes antichar Panzerfaust constitue l’arme principale. Engagées en Prusse-Orientale, en Silésie, puis à Berlin et dans les villes de l’ouest, ces unités subissent de très lourdes pertes pour un effet militaire limité.

Nuit du 25 au 26 septembre 1944 : évacuation des survivants de la 1re division aéroportée britannique à Arnhem.
Au terme de 9 jours de combat, le général Urquhart fait repasser le Rhin inférieur aux restes de sa division, encerclés dans le périmètre d’Oosterbeek. L’opération Berlin sauve environ 2 400 hommes sur plus de 10 000 parachutés ou déposés par planeur. Elle marque l’échec de l’opération Market Garden.
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Lancée le 17 septembre, Market Garden devait ouvrir un couloir jusqu’au Rhin en s’emparant des ponts de Son, Grave, Nimègue et Arnhem par des largages aéroportés, que le 30e corps britannique devait relier par la route. À Arnhem, seul le 2e bataillon de parachutistes du lieutenant-colonel John Frost atteint le pont routier, qu’il tient jusqu’au 21 septembre. Le reste de la 1re division aéroportée, arrêté par deux divisions blindées SS en reconstitution dans le secteur, se retrouve acculé dans un périmètre en fer à cheval autour d’Oosterbeek, adossé au fleuve. La brigade parachutiste polonaise du général Sosabowski, larguée le 21 sur la rive sud près de Driel, ne parvient à faire passer qu’une partie de ses hommes. Le 30e corps, retardé à Nimègue, atteint la rive sud mais ne peut forcer le passage. Un bataillon du Dorsetshire Regiment, qui traverse dans la nuit du 24 au 25, est en grande partie détruit ou capturé.
Le 25 septembre, Urquhart reçoit l’autorisation de se retirer. Il s’inspire de l’évacuation de Gallipoli en 1915 : des hommes restent en ligne et maintiennent un feu d’apparence normale pendant que les autres se replient ; l’artillerie du 30e corps tire depuis la rive sud pour couvrir le bruit. Les pilotes de planeurs balisent le chemin jusqu’au fleuve avec du ruban blanc. Des compagnies du génie canadien et britannique assurent les traversées avec des embarcations d’assaut et des canots, sous la pluie, de 22 heures à 5 heures du matin. Au lever du jour, les tirs allemands interdisent la poursuite des rotations. Plusieurs centaines d’hommes, dont les blessés restés avec les médecins, sont faits prisonniers le 26.
La bataille d’Arnhem coûte à la 1re division aéroportée et aux Polonais environ 1 500 à 2 000 tués et plus de 6 000 prisonniers. Quelques centaines de soldats se cachent avec l’aide de la Résistance néerlandaise ; une partie est exfiltrée en octobre lors de l’opération Pegasus. Les Alliés ne franchiront le Rhin qu’en mars 1945.
25 septembre 1962 : proclamation de la République algérienne démocratique et populaire.
Réunie pour la première fois à Alger, l’Assemblée nationale constituante élue le 20 septembre proclame la République algérienne démocratique et populaire. Son président, Ferhat Abbas, annonce la naissance du nouvel État, moins de trois mois après l’indépendance et au sortir d’une crise qui a opposé les chefs de la guerre de libération.
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L’indépendance est acquise le 3 juillet 1962, après les accords d’Évian du 18 mars et le référendum d’autodétermination du 1er juillet ; les Algériens la célèbrent le 5 juillet. Elle ouvre aussitôt une lutte pour le pouvoir. D’un côté, le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de Benyoucef Benkhedda, soutenu par les wilayas III et IV ; de l’autre, le bureau politique formé par Ahmed Ben Bella, appuyé sur l’état-major général de l’Armée de libération nationale du colonel Houari Boumediene et sur les unités stationnées aux frontières marocaine et tunisienne. À la fin du mois d’août et au début de septembre, des combats opposent l’armée des frontières, qui marche sur Alger, aux maquis de la wilaya IV. Ils font plusieurs centaines de morts avant qu’un compromis ne soit trouvé.
Le bureau politique établit la liste unique des 196 candidats à l’Assemblée constituante, élue le 20 septembre. Le 25, l’Assemblée tient sa séance inaugurale, élit Ferhat Abbas à sa présidence par 155 voix et adopte la proclamation de la République. Le texte fait de l’Assemblée la seule dépositaire de la souveraineté nationale. Les jours suivants, elle investit Ahmed Ben Bella à la tête du gouvernement. L’Algérie est admise à l’ONU le 8 octobre 1962.
L’Armée de libération nationale devient l’Armée nationale populaire, dont Boumediene prend la tête comme ministre de la Défense. Ferhat Abbas démissionne de la présidence de l’Assemblée en août 1963 pour protester contre le projet de Constitution et le régime de parti unique ; il est exclu du FLN et placé en résidence surveillée. Le 19 juin 1965, Boumediene renverse Ben Bella.
25 septembre 1964 : le FRELIMO attaque le poste de Chai et ouvre la guerre d’indépendance du Mozambique.
Un groupe de guérilleros du Front de libération du Mozambique, conduit par Alberto Chipande, attaque le poste administratif portugais de Chai, dans le district de Cabo Delgado. Cette action est retenue par le FRELIMO comme le début officiel de la lutte armée, qui durera dix ans et conduira à l’indépendance du pays en 1975.
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Le FRELIMO est fondé le 25 juin 1962 à Dar es-Salaam, dans le Tanganyika indépendant, par la fusion de 3 mouvements nationalistes en exil. Son président, Eduardo Mondlane, docteur en sociologie, a travaillé aux Nations unies. Le massacre de Mueda, en juin 1960, où les forces portugaises ont tiré sur une foule de paysans makondé venus présenter des revendications, a convaincu les nationalistes que Lisbonne ne céderait pas à la négociation. Le Portugal de Salazar est déjà engagé en Angola depuis 1961 et en Guinée depuis 1963.
À l’été 1964, des groupes formés en Algérie et en Tanzanie s’infiltrent dans le nord du Mozambique. Le poste de Chai, sur la route de Macomia à Mueda, près de la rivière Messalo, compte quelques bâtiments : le bureau du chef de poste, sa maison, celle du gérant d’une compagnie cotonnière, deux boutiques, une infirmerie, la prison et les logements des policiers. Dans la nuit du 25 septembre, le groupe d’Alberto Chipande, alors âgé de 24 ans, attaque la maison du chef de poste. Selon le récit officiel, Chipande tire les premiers coups de feu. L’historiographie relève que des groupes dissidents avaient mené des actions armées dès juillet et août 1964, notamment en Zambézia ; le FRELIMO n’en a pas moins imposé la date du 25 septembre.
Les Portugais réagissent par l’opération Águia et quadrillent le nord de la colonie. La guérilla s’étend pourtant dans les districts de Cabo Delgado et du Niassa, puis, à partir de 1968, dans celui de Tete, où elle menace le chantier du barrage de Cahora Bassa. Eduardo Mondlane est tué par un colis piégé à Dar es-Salaam le 3 février 1969 ; Samora Machel lui succède en 1970. La même année, le général Kaúlza de Arriaga lance l’opération Nó Górdio, la plus importante de la guerre, qui détruit de nombreuses bases sans briser le mouvement.
Après la révolution des Œillets du 25 avril 1974, le Portugal et le FRELIMO signent le 7 septembre 1974 les accords de Lusaka. Le Mozambique devient indépendant le 25 juin 1975, avec Samora Machel pour président et Alberto Chipande pour ministre de la Défense. Le 25 septembre est aujourd’hui, au Mozambique, la journée des forces armées.
25 septembre 1970 : décès à 72 ans de l’écrivain allemand Erich Maria Remarque.
Erich Maria Remarque, né Erich Paul Remark le à Osnabrück (Province de Hanovre) et mort le à Locarno (Suisse), est un écrivain allemand, naturalisé américain en 1947 après avoir été déchu de sa nationalité allemande par le régime national-socialiste en .
Un de ses livres, À l’Ouest, rien de nouveau (Im Westen nichts Neues), un roman pacifiste sur la Première Guerre mondiale, connut, dès sa parution en 1929, un succès mondial retentissant et reste un ouvrage-phare sur le premier conflit mondial. À l’instar de Catherine soldat (Die Katrin wird Soldat) d’Adrienne Thomas, ce livre fut brûlé lors des autodafés de 1933 en Allemagne. E.M. Remarque s’exila en Suisse, puis aux États-Unis où il obtint sa naturalisation.


25 septembre 1997 : retraite du porte-avions Clemenceau.
Après 36 ans de service actif, le Clemenceau, premier porte-avions conçu et construit en France comme tel, est retiré du service le 25 septembre 1997, puis désarmé le 1er octobre. Sa coque, condamnée sous le numéro Q 790, connaîtra une longue errance avant sa démolition en Angleterre en 2009-2010.
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Mis sur cale à l’arsenal de Brest en 1955, lancé en 1957, armé pour essais le 26 septembre 1959, le Clemenceau (indicatif R 98) est admis au service actif le 22 novembre 1961. Il est suivi un an plus tard de son sister-ship, le Foch. Déplaçant jusqu’à 32 000 tonnes en charge, propulsé par six chaudières et quatre turbines à 32 nœuds, il dispose d’une piste oblique de 165 mètres, de deux catapultes à vapeur et d’un équipage d’environ 2 000 hommes, groupe aérien compris. Il est le deuxième bâtiment de guerre à porter le nom de Georges Clemenceau, après un cuirassé de la classe Richelieu mis sur cale en 1939 et jamais achevé.
Au cours de sa carrière, il met en œuvre successivement l’Aquilon, l’Étendard IV, le Crusader, l’Alizé, le Super-Étendard et des hélicoptères. Il participe aux missions de présence au large de Djibouti dans les années 1970, aux opérations au Liban en 1983-1984, à l’opération Prométhée dans le golfe Persique en 1987-1988, puis, en 1990, à l’opération Salamandre, où il transporte vers l’Arabie saoudite les hélicoptères de l’armée de terre engagés dans la guerre du Golfe. Il opère encore en Adriatique lors de la crise yougoslave. Il a passé plus de 3 000 jours à la mer et parcouru plus d’un million de milles nautiques.
Retiré du service le 25 septembre 1997, après une dernière sortie à la mer le 16 juillet, il sert de réserve de pièces détachées pour le Foch. Condamné en décembre 2002 et vendu pour démolition en avril 2003, il part pour la Turquie dans des conditions irrégulières et doit être récupéré par la Marine. En 2006, son transfert vers le chantier indien d’Alang, alors que la coque contient encore une grande quantité d’amiante, provoque une controverse et un recours devant le Conseil d’État ; le président Chirac ordonne son retour. La coque, revenue à Brest le 17 mai 2006, est remorquée en février 2009 jusqu’au chantier Able UK de Hartlepool, où elle est désamiantée puis démolie.

25 septembre 2002 : l’armée française évacue de Bouaké les élèves d’une école internationale prise entre deux feux.
3 jours après le déclenchement de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, des soldats français entrent dans Bouaké, tenue par des militaires rebelles, et en font sortir plus de 160 enfants et membres du personnel de l’International Christian Academy, bloqués depuis 6 jours par les combats. C’est la première action visible d’un dispositif qui restera déployé 12 ans.
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Le 19 septembre 2002, des militaires mutinés attaquent simultanément Abidjan, Bouaké et Korhogo. À Abidjan, le ministre de l’Intérieur Émile Boga Doudou et l’ancien chef de l’État Robert Guéï sont tués ; les forces loyalistes reprennent le contrôle de la ville, mais Bouaké, deuxième ville du pays, et Korhogo, dans le nord, restent aux mains des insurgés. Le 22 septembre, la France lance l’opération Licorne, constituée à partir du 43e bataillon d’infanterie de marine stationné à Port-Bouët, avec la mission de protéger et d’évacuer les ressortissants français et étrangers.
À Bouaké, plusieurs centaines d’Occidentaux sont pris au piège, dont les élèves de l’International Christian Academy, un internat américain pour enfants de missionnaires installé en périphérie de la ville. L’école est prise dans les tirs croisés des loyalistes et des mutins ; l’eau et l’électricité sont coupées. Le 25 septembre, une colonne française entre dans la ville et escorte les enfants et leurs encadrants jusqu’à Yamoussoukro, à une centaine de kilomètres au sud. Des avions de transport américains C-130, arrivés avec environ 200 militaires des forces spéciales et du commandement américain en Europe, les évacuent ensuite vers Accra. L’évacuation des étrangers de Bouaké, plus d’un millier de personnes, s’achève le 27 septembre.
La mission de Licorne change rapidement de nature. La force s’interpose entre les belligérants, surveille le cessez-le-feu signé le 17 octobre et protège les médiateurs de la CEDEAO. Après les accords de Marcoussis de janvier 2003, elle soutient la force africaine puis l’ONUCI, créée en 2004. Le 6 novembre 2004, le bombardement du camp français de Bouaké par un avion Su-25 de l’aviation ivoirienne tue neuf soldats français et un civil américain ; la France détruit en représailles les moyens aériens ivoiriens. Au plus fort de la crise, Licorne compte plus de 5 000 militaires. Elle est remplacée le 21 janvier 2015 par les Forces françaises en Côte d’Ivoire.







