Lutte contre le terrorisme islamiste : La ministre des Armées en visite à la BA 123 Orléans-Bricy


Crédit : Stéphane Gaudin

La ministre des Armées Florence Parly présidait le 1er février, sur la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy, (qui abrite plusieurs unités des forces spéciales Air) un comité exécutif consacré aux questions de contre-terrorisme auquel participaient le Chef d’état-major des Armées (CEMA) François Lecointre ainsi que le Directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) Bernard Emié.

« Dans la prochaine décennie, le phénomène djihadiste continuera de poser un défi sécuritaire global. De nature tant religieuse ou idéologique que sociale, politique ou économique, les facteurs structurels qui favorisent la montée de groupes djihadistes sur les théâtres sont multiples et n’ont pas disparu ». (Extrait de l’actualisation de la Revue stratégique).

La couverture médiatique omniprésente de la crise sanitaire a éclipsé les actions menées par nos militaires au Levant et dans la bande sahélo-saharienne, appuyées par les différents acteurs du renseignement (DGSE, DRM, DRSD).

Les ennemis islamistes n’ont pas changé. Al-Qaïda ou Daesh ; leurs actions terroristes se perpétuent, que cela soit sur le sol français (Villejuif, Conflans, Nice), en Afrique où opèrent 5 100 soldats Français de la force Barkhane et près de 2 500 Européens) et au Levant (avec le récent attentat kamikaze de Bagdad qui a fait 32 de morts et 110 blessés le 21 janvier dernier).

Mentionnant l’achat de matériels militaires pour l’armée de l’Air et de l’Espace, la ministre des Armées à souligner la nécessité en France et en Europe « de se protéger des guerres d’influence et de désinformation auprès des populations, qui joue avec les perceptions par des conflits d’images, de la manipulation de faits et d’idées, savamment orchestrées sur les réseaux sociaux ».

Le DGSE a mentionné deux chefs djihadistes de Daesh au Sahel (particulièrement actif dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger) d’origine sahraoui : Adnan Abou Walid al Sahraoui et son second Abdelhakim dont les troupes sont traquées par la force Barkhane ainsi que les armées maliennes et nigériennes qui « réinvestissent des bases militaires qu’elles avaient été contraintes d’abandonner au début de l’année 2020 ». Quant à al-Qaïda, le coordonnateur Bah ag Moussa a été tué le 10 novembre 2020 près de Tadamakat (140 km au nord de Ménaka) par les forces françaises. Quatre hélicoptères, un drone et une quinzaine de commandos avaient participé à cette neutralisation.

Parallèlement aux interventions des autorités, les forces spéciales Air de la BA 123 (CPA 10, CPA 30, 3/61 Poitou) présentaient leur savoir-faire et leurs matériels à travers des n dynamiques et statiques. Spécialisée dans l’infiltration discrète par aérolargage, le CPA 10 a expérimenté récemment le masque à oxygène Arcane pour les chiens de combat : une innovation qui a été pensée par et pour les chuteurs opérationnels.

Caissons modulables du 3/61 Poitou. Crédit photo : Stéphane Gaudin

L’escadron de transport 3/61 Poitou, spécialisé dans la projection de force, la mobilité tactique, l’aérolargage (C160 ou DHC6) et le renseignement, a présenté des caissons modulables permettant la recherche de renseignement à fin d’action et la transmission quasi-immédiate d’informations cryptées à la chaîne de commandement en vue de coordonner des manœuvres aériennes et terrestres. Équipé selon les missions, le C160 devient ainsi un « couteau suisse » permettant tout à la fois de parachuter des commandos et de poursuivre le vol en surveillant le théâtre d’opération et en transmettant(1) des informations haut débit au sol et au commandement. Des liens étroits entre opérationnels et industriels permettent d’optimiser les configurations. On peut dire qu’il ne manque plus que des effecteurs, comme des bombes légères guidées type « BAT 120 » en développement chez Thales pour pouvoir effectuer des frappes d’opportunité : parachutage, surveillance, transmission, (largage de bombes), récupération des commandos grâce à une capacité d’atterrissage et de décollage courts sur des terrains sommaires ; le Poitou peut (presque) tout faire avec un seul avion.

Commandos exfiltrant un “terroriste” à bord d’un DHC6. Crédit : Stéphane Gaudin.

Le CPA 30, dont l’organisation a été revue l’été dernier ; est spécialisé dans les missions de recherche et de sauvetage au combat (RESCo), d’appui aérien rapproché et de recueil de renseignement. Il est actuellement en phase de montée en puissance capacitaire. En 2019, le CPA 30 avait été envoyé en Jordanie (qui, avec les Émirats arabes unis, est également un partenaire de la France — avec les Émirats arabes unis — dans la lutte anti-djihadiste) pour aider leurs forces spéciales à développer une capacité CSAR à la suite de la capture suivie de l’exécution d’un pilote jordanien par Daech en 2015. Le CPA 30 possède une division commando comportant 5 Modules RESCO spéciaux (MRS) et une division spécialisée avec des cellules ayant chacune un domaine d’expertise : drones, cynophile, neutralisation, enlèvement, destruction des explosifs, risques NRBC et systèmes d’information et de communication (SIC). Le commando atteindra sa pleine maturité opérationnelle en 2023.

Crédit : Stéphane Gaudin

C’est leur nouveau bâtiment de 6 800 m2 qu’a également inauguré la ministre des Armées qui doit accueillera 170 personnels. En forme d’aile Delta, le bâtiment abrite trois fonctions – le « commandement » sur une surface de 1 919 m2, le « soutien logistique » sur une surface de 2 011 m2 et le « combat » sur une surface de 2 286 m2. Malgré la crise sanitaire, la livraison du bâtiment (effectuée le 10 juillet 2020), réalisé sous la maîtrise d’œuvre de l’ESID de Rennes et de l’USID de Tours avec des entreprises locales, n’a pris qu’un seul mois de retard. Cette construction à énergie positive et à haute performance environnementale, est équipée de capteurs solaires thermiques permettant de couvrir jusqu’à 56% des besoins en eau chaude sanitaire. Les panneaux photovoltaïques engendrent un taux d’autoconsommation de la production d’électricité de près de 68%.

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(1) Transmission A2AD/C2 tactique Air : caissons L16 et ordinateur associé avec rejeu L16 ; transmission phonie Antenne modifiée LARU (LTAC, ASTRO, Relais ASTRO, UHF cryptée ; transmission haut débit satellitaire FMV + réseaux de commandement VIPER C avec kit et boitiers COBRA + COBRA light.

CPA : Commando parachutiste de l’Air

ESID : Établissements du service d’infrastructure de la Défense






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