jeudi 7 juillet 2022

Ukraine 31 mars : le début de la fin à Marioupol ? Relance russe pour quelque jours en Donbass ?

Le dégel arrive. Il fait 20° à Donetsk. La Russie n’a plus que quelques jours d’offensive « off road » avant d’être contrainte à un arrêt des opérations pour cause de boue.

Alors que le Kremlin prétend « volontairement » limiter ses opérations autour de Kyiv, on assiste toujours à des frappes vers de Lviv (1), manière de maintenir une pression politique sur le flux logistique occidental, à défaut de l’entraver.

Les abords de la capitale (2) voient à l’ouest les 35e et 36e armées russes consolider leurs positions sur la rivière Bucha après la perte d’Irpin. Elles peuvent mener des infiltrations d’infanterie. La 41e armée maintien la pression autour de Chernihiv (3). L’isolement de la ville semble à portée, tandis que la logistique russe parvient à régénérer quelques unités. Une relance de l’offensive vers Kyiv passerait sans doute par cet axe (flèches d’hypothèses en pointillés). Les axes routiers pénétrants sont propices et le terrain est plus facile qu’à l’ouest du Dniepr.

Vers Kharkiv (3) la situation est stable, entre bombardements et accrochages.

A Marioupol (4) la résistance faiblit. La Russie vient d’annoncer une « trêve » unilatérale, mais certains observateurs signalent que des troupes sont repliées vers le nord et que la Rosgvardia, la garde nationale, prend le relais pour achever les dernières poches de résistance. Cela pourrait être le signe d’une reprise de l’offensive vers le nord en direction de Zaporija puis Dniepro, pour soutenir l’effort du Donbass et parvenir — enfin ? — à y encercler les Ukrainiens ou contraindre leur repli. Méfiance avec les corridors humanitaires, qui risquent d’être instrumentalisés.

A Izyum et Kramatorsk (5), plusieurs sources signalent que les Russes débouchent vers l’ouest. Moment décisif : aucun obstacle naturel ne pourra aider les défenseurs avant la rivière Samara, Dniepro et Pavlohrad. Même sans prendre les villes, les Russes pourraient couper le flux logistique ukrainien et contraindre un repli hâtif.

Au sud-ouest (6) il est difficile de savoir exactement si et combien de troupes russes sont toujours au nord de Mykolaïv. En tous cas, l’armée russe dans ce secteur semble en sous effectifs, mais pourrait exercer une pression vers Dniepro de l’autre côté du fleuve pour soutenir l’effort principal contre le Donbass.

Les objectifs actuels russes – consolider au nord, pousser pour encercler le Donbass – semblent plus concordants avec la capacité résiduelle offensive de l’armée russe. Le Kremlin instrumentalise déclarations de retrait, trêves et négociations comme à son habitude, ce qui est toujours déroutant pour les Occidentaux.

Les Russes ont accumulé les erreurs depuis le début, mais il semble qu’on discerne quelques signaux d’amélioration de leur approche, notamment dans les airs et sur le plan logistique. Est-ce que cela compensera les pertes de personnel qualifié et les faibles stocks d’armes de précision ?

Stéphane AUDRAND
Stéphane AUDRAND
Stéphane AUDRAND est consultant indépendant spécialiste de la maîtrise des risques en secteurs sensibles. Titulaire de masters d’Histoire et de Sécurité Internationale des universités de Lyon II et Grenoble, il est officier de réserve dans la Marine depuis 2002. Il a rejoint l'équipe rédactionnelle de THEATRUM BELLI en décembre 2019.
ARTICLES CONNEXES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Les plus lus

COMMENTAIRES RÉCENTS

ARCHIVES TB