Chronique des blindés : Le Sherman des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan


Les Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan (ESCC) rassemblent sur le camp du même nom les écoles destinées à former les différents officiers de l’armée de terre. Le musée de l’Officier est situé au cœur des écoles de formation et retrace les événements majeurs qui ont construit la France à travers les destins d’officiers qui l’ont servie. Inauguré en 1912, le musée de l’Officier est le plus ancien des musées de l’armée de Terre. Dépositaire de l’histoire des Écoles et des officiers, la mémoire y côtoie l’histoire. Ouvert à tous, il est l’expression tangible de l’héritage commun de l’école ainsi que de l’unicité du corps des officiers.

Présentant une riche collection de plus de 2 000 objets (uniformes, équipements, beaux-arts, objets personnels rattachés à des figures d’officiers, etc.), le musée conserve aussi 12 blindés sur le camp dont un emblématique char Sherman.

 

Combien de chars sont présentés au sein des Écoles ? 

Le musée de l’officier conserve sur le camp bâti douze engins blindés, dont dix portant un nom de baptême :

  • « Iena 1806 » : char léger AMX13 équipé d’un canon 90 mm, modèle 1951 ;
  • «Wagram » : AMX13 obusier automoteur 105 mm, modèle 1950 ;
  • « Mont Ingman 1995 » : canon automoteur de 155 mm AUF1 monté sur châssis AMX30 ;
  • « Maréchal Bessières » : Panhard EBR équipé d’un canon de 75 mm (engin blindé de reconnaissance) ;
  • « Verdun » : missile Roland monté sur châssis AMX30 ;
  • « Bazeilles » : AMX10 VOA, véhicule d’observation d’artillerie ;
  • « Austerlitz » : char de combat AMX30 B équipé d’un canon de 105 mm ;
  • « Général Desaix » : char AMX13 bi-tube 30 mm, défense contre-avion ;
  • « Ardennes 1945 » : char Patton M47, équipé d’un canon de 90 mm, véhicule américain destiné à remplacer le M4 Sherman après la Seconde Guerre mondiale ;
  • « Orléans » : char M4A1 Sherman ;
  • Le prototype n°1 du VBCI, véhicule blindé de combat d’infanterie ;
  • Un Half-Track M3, véhicule américain semi-chenillé de transport de troupes.

D’où provient le char Sherman ? 

Ce Sherman a été perçu par le musée de l’Officier en 2012 et a ainsi rejoint la collection des équipements à vocation historique et patrimoniale. Ce véhicule figurait à l’inventaire général de la SIMMT (structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres de l’armée de Terre), qui met à disposition des armes ou véhicules neutralisés au profit des musées de l’armée de Terre. Cette opération s’inscrit plus largement dans une politique de sauvegarde des matériels menée par la DELPAT (DÉLégation au Patrimoine de l’Armée de Terre).

 

L’histoire de ce Sherman est-elle connue ? 

L’origine de ce Sherman en particulier n’est pas connue. Il s’agirait toutefois d’un Sherman M4A1, l’une des premières versions du char américain. Lorsque le Sherman rejoint les théâtres d’opérations européens, la 2e DB est équipée majoritairement de Sherman M4A2. Cependant, une identité a été donnée à ce char par la suite.

 

Le char a-t-il été restauré ? 

Le Sherman a fait l’objet, en 2020, d’une restauration extérieure afin de proposer une interprétation du char « Orléans », du 2e peloton du 3e escadron du 2e régiment de cuirassiers et qui avait pour chef de char le sous-lieutenant Yves Mousnier. Il ne s’agit toutefois pas de sa véritable identité, comme précédemment indiqué.

Le char “Orléans” embarque au début du mois d’août 1944 parmi trois escadrons de char Sherman M4 et débarque dans la baie de Saint-Tropez le 16 août. Le 26 août, le 1er groupe de tabors marocains est en position sur les hauteurs de Marseille, bloqué par une résistance acharnée des Allemands. Afin de neutraliser ce point d’appui dénommé « tante rose », le colonel Maurice Durossoy, chef de corps du 2e régiment de cuirassiers, détache le 2e peloton du 3e escadron commandé par le sous-lieutenant Yves Mousnier pour épauler les tabors.

Les cinq chars du 2e peloton (Orléans, Oléron, Ouessant, Oran et Sainte-Odile) quittent leurs positions de départ dans la soirée et arrivent sur leurs objectifs au petit matin. Malgré les difficultés du terrain, les Sherman, épaulés par les chasseurs de chars TD M10 du 9e régiment de chasseurs d’Afrique jugulent toutes les résistances, mais le char « Orléans » est touché par un tireur embusqué équipé d’un Panzerfaust. Transperçant la tourelle, la charge creuse tue le sous-lieutenant Yves Mousnier et blesse mortellement le tireur Ernest Mullor. Le radio chargeur, André Maertens et le pilote André Rocca sont blessés tous les deux.

 

Pourquoi ces chars sont-ils conservés aux Écoles ? 

Le Sherman, à l’instar des onze autres engins blindés cités précédemment, fait partie des équipements à vocation historique et patrimoniale des Écoles de Coëtquidan. A ce titre, il occupe une double fonction : conserver un patrimoine blindé, témoin des combats de l’armée française, et être une fonction support des enseignements tactiques historiques (ETH) auprès des élèves-officiers et officiers élèves formés au sein des Écoles.

———-

Remerciements à l’équipe de communication des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et au Musée de l’Officier, particulièrement au lieutenant Adélaïde et à l’adjudant-chef Frédéric.


Print Friendly, PDF & Email
Previous HISTOIRE : Chronique culturelle du 26 novembre
Next Grand sondage THEATRUM BELLI 2020 auprès de nos lecteurs

1 Comment

  1. L’histoire du véritable Sherman “Orléans” (un M4 A4) du 2e Cuirassiers :
    http://www.fortificationsdemarseille.lefrioul.fr/char_orleans__414.htm

    Le Sherman de Coëtquidan, un M4 A1 était auparavant marqué “Campagne de France”.

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.