SCAF : interrogation sur la bombe nucléaire américaine B61


Alors que l’Allemagne se dirige vers l’achat de F-18 Super Hornet pour assurer la continuité de la dissuasion nucléaire au profit de l’OTAN en remplacement de ses Tornado vieillissants. L’achat de ces F-18 pourrait encore évoluer au profit du F-35A. Le Super Hornet n’est, pour l’instant, pas certifié pour larguer la bombe nucléaire américaine B61, le Pentagone ne l’a pas inscrite dans sa feuille de route (F-15E, F-16C/D & MLU, PA-200 et les futurs F-35, B-21). L’Allemagne devra mettre la main au porte-monnaie pour certifier ses F-18 SH. Les USA pourraient profiter de cette demande spécifique pour placer à nouveau le F-35A à la place des F-18 SH, pour une raison de coût.

  • Le 7 février dernier, le Président Emmanuel Macron a proposé de rentrer en discussion avec les partenaires européens qui le souhaitent, pour étendre la doctrine de dissuasion française à ses partenaires.
  • Le Président allemand Frank-Walter Steinmeier, durant la conférence annuelle sur la Sécurité de Munich, en a profité pour rappeler que toute initiative européenne ne devait en aucun cas venir altérer le lien transatlantique en matière de dissuasion. Répondant du tac au tac au Président français.

Lors de la lecture du rapport d’information du Sénat concernant le SCAF, il est fait mention à cette bombe B61.

Côté allemand, nécessité de prévoir la succession de l’Eurofighter, en service dans la Luftwaffe depuis 2004 et qui devrait être retiré sensiblement en même temps que le Rafale, après avoir entre-temps connu des améliorations. Le nouveau système devra permettre à l’Allemagne de continuer à remplir ses missions nucléaires au profit de l’OTAN (bombes à gravité B61 portées par des Tornado P200) ; (page 10)

Par ailleurs, le nouvel avion de combat devra être capable de porter à la fois l’arme nucléaire française et l’arme nucléaire OTAN mise en œuvre par l’Allemagne, ce qui aura un impact encore à préciser sur ses caractéristiques. (page 11)

Cette compatibilité de la B61-12 avec le SCAF interroge. Alors qu’il a été expliqué à l’Allemagne qu’il serait trop long et trop cher de valider ses Typhoon II. Quelles seront les exigences américaines pour la certification du NGF ? Nécessité d’accès au code source ? imposition de matériels ITAR, qui permettront de limiter indirectement l’export alors que le programme se veut “ITAR free”.

La bombe nucléaire américaine, sera-t-elle encore pertinente en 2040 (l’est-elle déjà aujourd’hui), quel surcoût cela entraînera sur le programme et qui paiera, l’Allemagne seule ou pris en charge dans le développement.

 

 

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1 Comment

  1. Marc
    10 septembre 2020
    Répondre

    Bonjour,
    C’est vertigineux de se poser une question pareille…
    https://www.meta-defense.fr/2020/04/21/la-strategie-de-dissuasion-de-lotan-a-t-elle-encore-du-sens/

    À l’heure où le siège de membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU de la France et sa dissuasion nucléaire sont mise sur le grill et pas seulement par des politiciens français:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/02/11/le-13-fevrier-il-y-a-60-ans-20882.html

    La souveraineté n’est pas divisible: elle existe ou elle n’est pas.
    https://infoguerre.fr/2020/06/france-peine-a-se-degager-de-lentrisme-technologique-americain/

    Cordialement.

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